jeudi 14 mars 2019

France : de l'isolement à l'isoloir

Une personne condamnée n'est plus, depuis 1994, automatiquement déchue de ses droits civiques. La majorité des prisonniers conserve donc son droit de vote mais seulement 2% d'entre eux ont pu s'exprimer lors des dernières élections présidentielles. L'incarcération représente un frein considérable à l'application de ce droit.  
L'association Robin des lois propose un projet pour y remédier. François Korber 1, co-fondateur de l'association et porteur de l'initiative, répond aux questions de Prison Insider.
1- Né en 1952 à Paris, il a exécuté une longue peine.
Nous avons aussi d'"honorables correspondants" derrière les barreaux, parce que nous estimons qu'il est très important de donner directement la parole aux personnes détenues lorsque l'occasion se présente. Nous le faisons, par exemple, lorsque des journalistes préparent un sujet : nous les mettons en relation avec des personnes détenues qui sont équipées d'un téléphone cellulaire 1. Ça permet de faire des articles bien plus intéressants, en prenant quelques précautions et avec l'accord des gens. On milite par exemple pour la légalisation encadrée des cellulaires. Je pense que c'est inévitable, il faut vivre avec son époque : les prisons existaient avant les portables et il faut que les prisons s'y adaptent. Cela peut favoriser une évasion, mais de très belles évasions se font aussi sans portable. Bien sûr, cela peut permettre des pressions, mais si on fait les cons avec le portable, on est poursuivi en correctionnelle pour menace, au même titre qu'une personne à l'extérieur. Ça les responsabilise. C'est plus efficace pour nous, et c'est plus efficace pour la vérité.
 1 - Je voudrais imposer ce terme-là, "cellulaire", évidemment, le double sens est quelque part intéressant