samedi 13 août 2016

La stratégie du « choc »

Une semaine après l'assassinat de Saint Etienne de Rouvray, la Fédération Varoise de la Libre Pensée tient à signaler les menaces qui pèsent sur la Laïcité.
De toutes parts, on demande aux français de ne pas céder à la peur car la peur " empêche de réfléchir ". Certes c'est une évidence.
Mais il y a une autre évidence : à droite comme à gauche, nombre de responsables et d'élus politiques pensent eux abondamment, mais dans un sens qui n'est pas du tout républicain : celui d'utiliser la barbarie du terrorisme comme un prétexte pour dénaturer encore plus la Laïcité de l’État et les droits fondamentaux des citoyens.
La Fédération Varoise de la Libre Pensée rappelle que le 17 novembre 1918, six jours seulement après l'armistice d'une guerre qui avait fait des millions de morts et de blessés, le Président de la République, Raymond Poincaré, et le Président du Conseil, Georges Clemenceau, avaient refusé de participer et de se faire représenter à la célébration du "Te Deum" organisé à Notre-Dame de Paris. A l'époque, pour les plus hauts représentants des institutions républicaines, le respect du principe républicain de Séparation des Églises et de l’État primait sur le besoin émotionnel de célébrer le terme d'une barbarie qui avait quand même duré 4 ans.

Mercredi 27 juillet, lors de la messe quasi-institutionnelle organisée à Notre-Dame de Paris, la présence de 3 Présidents de la République (Hollande, Sarkozy, Giscard d'Estaing), du premier ministre (Valls) et de ses principaux ministres, des présidents des deux chambres du Parlement (Larcher pour le Sénat et Bartolone pour l'Assemblée nationale) révèle le mépris de ces responsables pour ces mêmes principes républicains.
Lors de cette cérémonie, l'archevêque de Paris a dénoncé dans son homélie le « silence des élites devant les déviances des mœurs et la légalisation des déviances ». Il a donc immédiatement expliqué aux responsables de la République son exigence de les voir mettre les lois en conformité avec le respect de l'ordre moral de l’Église catholique. Et aucun responsable institutionnel n'a relevé cette déclaration !
La Fédération Varoise de la Libre Pensée rappelle pour ceux qui l'aurait oublié, que le combat de l’Église contre les "déviances des mœurs" consiste à imposer, partout où elle le peut, l'interdiction de l'avortement et de la contraception, le refus du droit de mourir dans la dignité, l'interdiction des recherches scientifiques non conformes à son dogme, le financement public de ses écoles et de ses œuvres communautaristes, la dénonciation de l'homosexualité comme une perversion et le refus du mariage pour tous, ... etc.
Quelle société voudrait-on, nous imposer ?
« Attaquer une église, tuer un prêtre c'est profaner la République. ». Par cette déclaration ahurissante, François Hollande présente les responsables religieux comme des "autorités morales" de la République. Cette attitude est une fuite en avant suicidaire : face au danger d'une "guerre de religion", remettre les clefs de la solution politique entre les mains des responsables religieux est une absurdité qui conduirait à une société multi communautariste.
La Fédération Varoise de la Libre Pensée appelle l'ensemble des citoyens et des organisations du mouvement ouvrier et républicain à refuser d'avancer dans cette impasse sinistre.
Toulon le 2 Août 2016
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(1) Titre du livre de Naomi Klein dans le quel elle dénonce l'utilisation d'événements dramatiques (évènements naturels ou politiques, économiques, militaires...) afin de faire "passer" des réformes que la société n'aurait  jamais acceptées en temps normal.

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