dimanche 20 mars 2016

Dicha da s'Ais - Contre les violences d'extrême droite 19 mars

Hervé GUERRERA per lo Partit Occitan, lo 19 de Març 2016 a s’Ais de Provença

 

Pòple Provençau ! Ils sont la violence haineuse, le retour de la bête immonde, la négation de la vie commune. Nous sommes les droits de l’homme, les Lumières, la tolérance ! Ils sont le nationalisme total et la guerre, la xénophobie, le racisme, l’anti sémitisme, l’islamophobie, l’homophobie. Nous sommes l’amitié entre les peuples, la solidarité, la laïcité, l’humanité, le féminisme, l’autre Europe, la fraternité méditerranéenne. Ils sont le négationnisme, et la collaboration quand nous sommes le vivre ensemble et la résistance, ils brulent les livres quand nous avons soif de savoir. Ils désignent de faciles boucs émissaires, la crise c’est la faute à l’autre, à l’estrangier, au boumian, au Rom…quand nous proposons un développement durable et solidaire et construisons l’intégration au quotidien. 


Ils volent les couleurs de la Provence et veulent, suivant Maurras, faire oublier que sur cette vieille terre de la mar nòstra, dans cette région, la démocratie et la république sont fortes de 2600 ans d’histoire. Le vivre ensemble provençal, sa convivialité, sa langue sont au confluent de deux civilisations venues d’ailleurs et parfaitement synthétisées sur ce sol : La romanité gréco-latine, et l’imaginaire de l’islam d’Al Andalous. Sans les apports helléniques, romains, arabo-berbero musulman, pas de grands centres universitaires Montpellier, Marseille, Aix pas d’architecture romane, pas de républiques urbaines, pas de littérature des troubadours. Et plus tard, quand de cruelles et implacables théocraties allumèrent dans toute l’Europe les buchers de l’inquisition cette terre de Provence, et nous en sommes fiers, a été le refuge des Juifs. Levez la tête en Avignon, à Aix et ailleurs le nom des rues ont conservé cette mémoire. Si en 1789 nos anciens se sont levés, fourches vers le ciel, contre la Tyrannie, c’est aussi parce qu’ils étaient épris de ces libertés communales, inscrites dans une constitution provençale que n’a pas réussi à faire disparaître une monarchie absolue pourtant sans partage. En 1851 ils ont défendu la République contre le coup d’Etat de Napoléon III : Plantarem la farigola e la montanha florira.
Le premier député ouvrier Clovis Hugues, poète de nòstra bella e rebella lenga d’Oc « La Gardarem la sociala », a été élu à Marseille. Marseille ville communarde ! Rappelons-nous aussi du Grand Jean Jaurès, le courage et l’idéal, il a donné sa vie pour la paix, la solidarité, l’internationalisme et a été assassiné par un de ces fanatiques sanguinaires. Dans le maquis le nom de combat de Jean Moulin était Romanin et il a donné sa vie pour détruire la barbarie nazie. Et aujourd’hui nous sommes les héritiers de ce midi rouge occitan, de cette terre de résistance, rebossiera construite avec des valeurs de solidarité et de tolérance. Car l’histoire de la Provence c’est aussi l’histoire des émigrations et de l’intégration en Provence. Alpins, Italiens, Arméniens, Maghrébins, … la liste n’est pas exhaustive. Nous venons de partout et d’ailleurs, du Sud, du Nord et nous avons fait souche dans ce pays. Parce que nous sommes ET de cette Méditerranée ET de cette Europe des Régions et des Peuples Solidaires et que nous avons sur ce continent et autour de ce bassin des destins liés, entremêlés, nous devons refuser et battre en brèche leurs replis nationalistes qui nient et excluent les différences. Notre diversité c’est la vie, leur uniformité c’est la mort ! La seule réponse, à leur apporter, c’est celle de notre vivre ensemble. Et tant mieux s’il prend ici les accents et les langues de notre méditerranée. Oui nous sommes riches de ces différences qui ne doivent pas nous opposer mais nous inciter au partage : Couscous, Paellia, Aioli, Même combat ! Pour finir je voudrais faire passer autour de 3 mots, 3 messages Le premier sera un immense MERCI Un bèu Gramaci, Merci à vous tous et tous qui vous êtes mobilisés si nombreux. Vous êtes les seuls vrais garants de notre bien commun la démocratie. Les gardiens de la liberté. Notre réponse, la seule, la vraie ne pouvait être que citoyenne ! Et vous êtes là pour le montrer ! Le second mot sera MEFI, attention de ne plus jouer avec le feu ! Les propos abjects du polémiste Eric Zemmour, les prises de positions royalistes et autres falsifications d’Histoire d’un Stéphane Bern, d’un Thierry Ardisson ou d’un Laurent Doesth sont autant de cautions des actes violents d’une Action Française qui a inscrit la destruction de la République au coeur de son ADN. Nous en appelons à la responsabilité et à la conscience des media et au premier chef à celle du service public. Nous ne pouvons plus tolérer ces insupportables révisionnismes qui arment les bras de ces gens-là ! Et dans notre ville, même, c’est bien compliqué d’en appeler au respect du droit quand la Maire, Maryse Joissains honte à elle, déclare se « foutre de la légalité de ses décisions » ! Et enfin Messieurs les Préfets et Sous-Préfets, vous qui êtes si prompts à donner la force publique pour évacuer les camps de Roms, comment tolérez-vous que l’Action Française interdite en 1936, que son journal condamné pour collaboration en Février 45, décision confirmée par la Cour de Cassation en 1999, puissent être présents et s’afficher dans nos rues ? Oui, vraiment, MEFI attention à ne plus fourbir les armes de ces factieux qui accusent la démocratie et la république de ne pas savoir ni réagir ni se défendre. Et enfin mon dernier mot sera pour eux et c’est JAMAIS. Néo fascistes post industriels, nazillons de pacotilles, identitaires violents, royalistes d’un temps à jamais révolu, tous gonflés, bouffis, dopés par les succès électoraux du FN, nous savons qu’en ce moment même, vous nous filmez, nous épiez, et tramez le seul sentiment qui vous ait jamais animé : la Vengeance haineuse. Ecoutez-nous, nous sommes là, là pour longtemps, là pour durer, là pour toujours et nous n’avons pas peur. Ici on craint dégun et notre rassemblement, où tout le monde est bienvenu, notre rassemblement qui fera date ne cessera pas de s’élargir. Sachez-le ! Dès lors que vous agresserez, vous intimiderez en braillant vos slogans ou en brandissant votre presse interdite dans la rue nous serons là. Là pour faire face, là pour répondre. Alors jamais oui jamais, oc jamai, nous ne vous laisserons impunément ni répandre ce que je n’appelle pas des idées racistes car le racisme n’est pas une idée mais un délit, ni nous priver du plus grand bien commun que l’histoire nous a légué : Democracia e Res Publica. Gramaci en toei !

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