samedi 28 mars 2015

Le président de la cour d’assises : « Virginie était-elle une fille facile ? »

En 2011, l’association "Osez le féminisme" avait  lancé une campagne contre le viol, dont l’un des principaux objectifs était de lutter contre les idées reçues à propos du viol (« Ce sont surtout les filles provocantes qui sont violées »,  « Le viol est provoqué par la testostérone», etc.)
Le président de la Cour d'Assises n'avait surement pas été frappé par cette campagne et il a cherché désespérément ce qui dans l'attitude de la victime, nommée dans ce procès Virginie, pouvait sinon justifier du moins excuser le violeur meurtrier.

Virginie était plutôt petite, brune aux cheveux courts. Elle se trouvait un peu classique parce qu’elle aimait la peinture et les chats. Elle a été violée et tuée à 26 ans.
Son agresseur n’avait aucun antécédent judiciaire, il était un « copain de copain ». Rien de quoi alerter Virginie quand elle le rencontre dans une soirée d’amis communs. Il la raccompagne le soir venu « parce que c’est son chemin », mais il « pète un plomb », « une pulsion ». Il viole la jeune fille puis, « dans la panique », parce qu’il « ne savait plus comment s’en sortir après », il la tue.
Il lui demande si elle « l’a aguiché »
Renvoyé devant la cour d’assises, il avoue l’acte sexuel sous la contrainte et le meurtre. Pourquoi elle ? Il ne sait pas, elle était joyeuse et sympa. Le président lui demande si elle « l’a aguiché ». Non, peut-être que lui pendant la soirée, il l’aurait un peu cherchée mais de son côté à elle, non Monsieur le président, non.
La possibilité d’une « aguicheuse », du genre dont la société pense « qu’elle l’aurait bien mérité », est donc réfutée par l’agresseur lui-même. Mais le débat ne semble pas clos pour autant, le président veut savoir comment se comportait Virginie avec les hommes.
Quand un ami d’enfance vient témoigner, s’étranglant en sanglots pour dire comment sa vie s’est écroulée, le président s’émeut mais interroge encore : « Virginie était-elle une fille facile ? » Le jeune homme est totalement décontenancé, sidéré, il venait parler de son amie, gaie, forte et qu’on lui a enlevée. Le président ne semble pas faire attention à ce qu’a provoqué sa question, il poursuit :
« On a vu des photos sur lesquelles elle ne portait pas de jupe, mais était-ce toujours le cas ? »
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