samedi 14 mars 2015

De retour d’Eretz

Michel Tubiana, président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme et président du Réseau Euromed des droits de l’Homme, nous livre la difficulté pour les organisations non gouvernementales internationales de défense des droits de l’Homme à rejoindre Gaza, pour témoigner.

L’immense paquebot échoué à terre qu’est le bâtiment d’Eretz, point de passage obligé pour Gaza depuis la fermeture de la frontière entre l’Egypte et ce territoire, s’est humanisé. Nous n’attendons plus en plein vent ou sous le soleil, selon le mois, sur le parking toujours animé par un ballet de taxis en attente de clients. Nous attendons dans le bâtiment lui-même. Il faut dire que le ventre de l’immeuble est vide. L’espace de cathédrale, la hauteur vertigineuse, contrastent avec les deux guichets ouverts et les dix personnes qui patientent. La modernité du lieu, entièrement financé par l’Union Européenne, et la présence insécurisante de civils armés et de militaires désarmés contribuent pour beaucoup à cette atmosphère qui fait que l’on sent que tout est ici possible et d’abord le pire. La réalité frappe dans les minutes qui suivent. Les palestiniens présents dans la file sont priés de se mettre de côté par un militaire qui aboie. Cette exclusion éveille la mémoire et d’autres images d’un autre temps défilent devant mes yeux. Ils obtempèrent résignés. J’ai honte car nous ne réagissons pas, comme les palestiniens nous ne pouvons pas réagir si nous voulons pénétrer à Gaza.

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