samedi 7 février 2015

Mort d’André Brink, le « Camus » sud-africain en rupture d’apartheid

L'écrivain sud-africain est décédé vendredi à 79 ans,un an et deux mois après son ami, Nelson Mandela.
Il avait obtenu le Médicis étranger en 1980 pour son roman "Une saison blanche et sèche" qui racontait l’histoire d’un professeur blanc parti en croisade pour connaître la vérité sur la mort d’un détenu noir en prison et censuré à l'époque en Afrique du Sud.
Toute l’œuvre d’André Brink est marquée par cette quête de vérité de personnages blancs plongés au cœur de l’injustice extrême que représentait l’apartheid – un thème très « camusien ».
Il appartient à cette génération, avec Nadine Gordimer, le prix Nobel de littérature décédée en juillet 2014, qui a fait de l’apartheid le thème central de leur œuvre littéraire.
Contrairement à Gordimer, qui était anglophone, André Brink était issu d’une famille afrikaner, c’est-à-dire descendante des « Boers » néerlandais qui ont pris le pouvoir en 1948 et ont imposé l’apartheid.
Il était en rupture avec sa communauté, considéré comme un « traître » au même titre qu’un Breyten Breytenbach, son ami, lui aussi passé par la France et plus tard emprisonné pour son action clandestine. Ensemble, ils avaient fondé un mouvement littéraire, les « Sestigers », ceux des années 60, rompant avec l’establishment afrikaans pro-apartheid.

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