jeudi 12 février 2015

DRECK, hier soir au Théâtre Liberté de Toulon.

Une pièce de Robert Schneider dont on ne sort pas indemne.
Caisse de résonance des chaos du monde, le texte de Robert Schneider défie notre sens moral. L’acteur Alain Fromager explore jusqu’au vertige la force et les failles de cet inquiétant personnage de Sad, figure troublante de l’altérité et livre une performance époustouflante de cette pièce-choc recréée au Théâtre Liberté la saison dernière, après une première version il y a quinze ans.
Il dit s’appeler Sad, ce clandestin qui a traversé les continents pour arriver ici. Il vend des roses et vit avec Nabil, clandestin comme lui qui gît sur un lit sale dans un coin sombre un peu plus loin. Sans âge, sans famille, il ne possède qu’une chaise pour pays...
Sad nous raconte alors son amour pour la littérature et la langue allemandes. Son soliloque est troublant, une confession imprévisible truffée de souvenirs qui l’humanisent profondément, d’aveux qui entament sa dignité, de mensonges et de reniements qui nous égarent dans l’appréhension de sa véritable personnalité. Sad ne se donne aucun droit, même pas celui de dire « merci », son nom, il ne le crie que dans le bruit assourdissant des rames de métro. Non, il « ne méritait pas de venir ». Dreckest une pièce qui défie notre sens moral. Sad fait alors siens les arguments de son bourreau. Chant humain universel, Dreck est un acte de théâtre puissant.
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