samedi 10 janvier 2015

"On s'est habitué à ce que la haine monte de tous les côtés"

Alors que Laurence Ferrari et ses trois autres chroniqueuses arboraient toutes un badge "Je suis Charlie" sur le plateau du " Grand 8", la journaliste Audrey Pulvar avait elle choisi de ne pas le porter et s'en est expliquée.
"Ce n'est pas par rébellion. Evidemment, on est tous Charlie. Mais j'aurais aimé qu'on soit tous Charlie quand ils ont publié les caricatures de Mahomet, quand ils ont été traînés en justice pour avoir publié ces caricatures et en avoir eux-mêmes produit. Qu'on soit tous Charlie quand les locaux ont été l'objet d'un attentat à la bombe, quand Philippe Val, il y a des années, était tabassé par l'extrême droite. Quand Charb était menacé tous les jours, qu'il a fallu qu'il passe huit ans sous protection policière. Hier, un policier qui était affecté à sa protection a payé de sa vie pour le protéger", a déclaré Audrey Pulvar, avant de regretter le climat qui règne en France depuis quelques temps.
"J'ai l'impression qu'on s'est habitué dans ce pays depuis plusieurs années à ce que la haine monte de tous côtés, que ce soit l'antisémitisme, que ce soit l'islamophobie, le racisme en général. Toutes les haines s'expriment à visage découvert. Les défenseurs des libertés ont trop tendance à se taire. Il faut sortir du silence. Il faut que les républicains se lèvent. Les manifestations, il faut qu'on y soit tous. Il faut que les républicains soient debout pour dire qu'on ne peut pas accepter qu'il y ait 100% d'augmentation des actes antisémites dans ce pays depuis un an. Qu'on ne peut pas accepter qu'il y ait des sorties politiques islamophobes en permanence. Qu'on ne peut pas accepter que le vivre ensemble soit devenu la guerre des uns contre les autres", a-t-elle réclamé. 
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