jeudi 15 mai 2014

"Timbuktu" ou comment Abderrhamane Sissako dézingue l'intégrisme

Alors que beaucoup de personnes se mobilisent pour libérer les jeunes filles retenues par Boko Aram, le premier film de la compétition officielle, "Timbuktu" du mauritanien Abderrhamane Sissako a fait l'unanimité sur la Croisette. On y découvre une ville prisonnière des djihadistes. Une merveille.
Au milieu du désert, une jeune femme hurle sous d'incessants coups de fouet. Son tort ? Avoir chanté. D’épaisses larmes roulent le long de ses joues et, bientôt, ses cris insoutenables laissent place à une douce mélodie. L’image, d’une force inouïe, cristallise à elle-seule la toute-puissance de Timbuktu, le nouveau long métrage du mauritanien Abderrhamane Sissako. Elle illustre aussi la volonté première d’un cinéaste inspiré qui a choisi de brandir sa caméra comme une arme et de tirer avec noblesse et dignité sur les nouveaux visages de l’obscurantisme en Afrique.

Après Bamako, c’est à Tombouctou que l’intéressé a choisi de nous emmener le temps d’un drame d’exception. La ville, située aux abords du fleuve Niger, est ici tenue d’une main de fer par des djihadistes belliqueux. Armés de kalachnikovs, ces derniers veillent au grain afin que personne ne succombe aux sirènes du péché. Aux quatre coins des rues, le silence demeure donc, poisseux et vertigineux, et les habitants, apeurés ou stoïques, glissent telles des ombres errantes pour éviter un hypothétique écart de conduite.
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