dimanche 9 mars 2014

Et vous, qu’avez-vous fait samedi pour la journée des droits des femmes ?

Un billet d'humeur de Suzanne. A lire  même par les hommes!
Je sais pas vous, mais moi, ce samedi, j’ai commencé par me lever trop tard pour passer le balai, faire la vaisselle de la veille ou laver les vitres. Et sans le moindre soupçon de culpabilité- ce n’est qu’un jour par an après tout !
J’ai zappé l’étape obligée gommage de la peau-masque-crème antirides, laissé tomber le maquillage (j’allais dire le masque)-tant pis si, du coup, je fais vraiment mon âge…
Puis je suis allée me faire couper les cheveux chez un coiffeur pour hommes. En une demi-heure, c’était fait !shampoing, coupe, brushing- j’aurais même pu me faire le shampooing à la maison. J’ai ainsi évité les heures d’attente, la lecture débilitante de Vogue, Elle ou Marie-Claire et leurs sempiternels conseils pour rester jeune, attirer ou retenir les hommes, les conversations insipides (ce coiffeur-là n’a pas de temps à me faire perdre),j’ai échappé aux stations prolongées devant les glaces crûment éclairées qui vous donnent un teint blafard, et…divine surprise !j’ai payé à la sortie 25 euros au lieu des 90 inévitables chez ma coiffeuse pour femmes.
J’ai renoncé à cacher mes cheveux blancs, qui d’ailleurs, chez les hommes mûrs, sont un charme supplémentaire, et j’ai passé le temps gagné, non pas à faire des courses (on ira au restaurant), mais à me dorer au beau soleil printanier. Et au total, j’ai bien meilleure mine !
Je voulais m’acheter une tenue de randonnée, mais je n’ai trouvé à Décathlon que ...
des pantalons roses et mauves avec des petites fleurs, d’un tissu si fin que je devrais éviter les grandes enjambées ; alors je me suis contentée de mon jean et de mes gros godillots pour me promener dans la forêt-seyante en diable !
Dans ma petite voiture, je ne me suis pas gênée pour apostropher grossièrement les conducteurs de gros 4/4 qui occupaient le milieu de la chaussée, et je me suis marrée de leurs insultes quand j’ai réussi à les doubler.
En fin d’après-midi, j’ai feuilleté Var-Matin en sautant les pages « votre beauté, votre santé, votre bien-être, vos enfants». Je suis allée directement au compte-rendu de la confrontation des divers candidats aux élections municipales de vendredi soir, et j’ai admiré la brochette des candidats- pas une seule femme, bonjour la parité ! Qui a dit que les femmes seraient les égales des hommes quand une femme laide et conne pourrait devenir président de la République ?
Enfin je me suis affalée devant la télé avec une bière et des biscuits d’apéritif, mais ne sachant que choisir entre le match Ecosse/France, « La femme que je suis » sur France3 et France5, « Tu veux ou tu veux pas » ou « Nouveau look pour une nouvelle vie », je me suis rabattue sur « Scènes de ménages » où au moins les femmes ne sont pas plus connes que leur mari !
Belle journée en résumé ! Merci les hommes de nous avoir si généreusement octroyé cette journée de répit ! Si j’ai dû constater que depuis que j’ai passé 45 ans je suis devenue transparente aux regards des hommes (au moins, je n’ai été ni sifflée ni harcelée !), l’espace de quelques heures je me suis sentie libre ; quel confort !
Femmes, mes sœurs, ne désespérez pas : il vous arrivera un âge où vous serez enfin des hommes comme les autres. Juliette Gréco chantait quand elle était jeune :
« C’est pour cela, jeunes gens, qu’au fond de moi s’éveille
Le désir insolent de devenir vieille ! »