jeudi 20 février 2014

Au secours ! Les réacs sont de retour !!

Un billet d'humeur de Suzanne, une ligueuse de La Seyne .
Ils appellent ça le « printemps français » ! Ce n’est pas un printemps, synonyme de renouveau, de libération, mais un hiver glacial qui pétrifie certains membres de la société. Ils disent « Non ! Arrière toute! » à toute avancée sociale : le mariage pour tous, l’autonomie des femmes, l’égalité des filles et des garçons…ils mettent à l’index les livres les plus anodins…Est-ce l’Eglise catholique ou l’Islam les plus rétrogrades qui les inspire ? ou le FN, le parti le plus réactionnaire qui soit ?
Nous voilà revenus avant la deuxième guerre mondiale, quand les écoles séparaient garçons et filles, quand la société criminalisait l’avortement, traitait les homosexuels comme des malades dangereux…On a envie de leur dire, comme le fit Jean-Paul II en son temps : « N’ayez pas peur ! »  La famille française est en bonne santé, le mariage hétérosexuel a ...
le vent en poupe, les femmes françaises ont le taux de fécondité le plus fort d’Europe. Nul n’empêchera un homme et une femme qui le désirent de s’épouser et d’avoir des enfants, l’école ne va pas embrigader leurs enfants ni les obliger à des pratiques obscènes. Des féministes enragées ne viendront pas, le couteau entre les seins, arracher aux hommes leur virilité ni aux femmes le « fruit de leurs entrailles ». Tout ce qu’elles demandent, c’est la liberté de choisir : travailler à l’extérieur, pouvoir accéder à tous les métiers, confier le soin du ménage ou des enfants au père comme à la mère, avoir peu ou beaucoup d’enfants…
Dieu ne l’a pas voulu ainsi ? Libre à vous d’en décider. Mais la France est une république laïque, et chacun doit pouvoir agir selon ses convictions sans que quiconque impose sa loi aux autres.
L’époque où, comme le rappelle le « Canard Enchaîné » du 12 février, l’Union des Associations catholiques de chefs de famille stigmatisait la « lèpre de la laïcité » et prédisait un avenir apocalyptique aux écoles géminées filles/garçons, cette époque (1935) semblait révolue, et les errements du gouvernement pétainiste effacés à jamais…
Les catholiques, les juifs et les musulmans modérés, qui depuis toujours ont su se garder des excès du fanatisme, laisseront-ils les plus extrémistes de leurs coreligionnaires s’exprimer à leur place dans la rue et les medias ?
Et la peur des immigrés, qui viendraient « manger le pain des Français », ne devrait pas leur faire oublier leurs propres origines. Nos ancêtres n’étaient pas tous des Gaulois blonds aux yeux bleus, et les brassages de populations ont été incessants depuis les débuts de l’humanité.
Les Français de l’Est, qui vont peut-être se voir refusée la possibilité de travailler en Suisse après le récent référendum, comprennent aujourd’hui qu’on est toujours l’étranger de quelqu’un. Où en serait l’économie de notre pays sans les immigrés qui sont venus travailler à sa reconstruction après la guerre, et sans lesquels bien des entreprises seraient contraintes de mettre la clé sous la porte ?
Je veux croire que le bon sens, la tolérance et la légendaire hospitalité française réussiront à triompher du repliement sur soi et de l’obscurantisme qui répand la psychose. Ou faudra-t-il effacer tous les progrès accomplis depuis 60 ans vers plus de liberté, d’égalité, et de fraternité ?