dimanche 8 septembre 2013

Les conditions d’existences des familles Roms, dans notre Département, n’ont jamais été aussi dramatiques

Un communiqué de la LDH - Fédération des Bouches du Rhône, adressé entre autre au Préfet A. Régnier qui sera présent dans notre département jeudi 5 septembre, dénonçant une fois de plus les traitements infligés aux familles Roms.
 Ce communiqué est malheureusement valable pour notre département.

Une année après la signature par sept ministères de la circulaire du 26 août 2012 relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites, les conditions d’existences des familles Roms, dans notre Département, n’ont jamais été aussi dramatiques.
A quelques exceptions près, nous assistons à la répétition d’un scénario bien rodé, mettant en oeuvre les assignations devant les tribunaux, les arrêtés de péril, les significations d’OQTF, les pratiques d’intimidations des agents de police (nationale et municipale), les expulsions, l’errance et les traques policières empêchant de nouvelles installations.

Cette politique qui ne prend en compte que la dimension illicite des campements, ne peut que judiciariser la question sociale, situant de fait dans l’illégalité, les populations privées de logement, du droit minimum d’une mise à l’abri et en situation de survie permanente.
Force est de constater que les collectivités territoriales ainsi que de nombreux élus de tous bords politiques résistent et s’opposent à tous projets facilitant à minima la stabilisation des familles, la scolarisation des enfants, l’accompagnement social et les démarches de soins. Le sordide a été atteint cet été avec l’eau coupée sur une pelouse occupée, après l’expulsion d’une ancienne caserne de gendarmerie réquisitionnée par des Associations, des syndicats et partis politiques.
La position du Ministère de l’intérieur qui apprécie à sa convenance la non volonté de ces populations à s’intégrer (une notion très discutable), estimant que les Roms ont vocation à retourner dans leur pays, participe d’une approche idéologique qui renforce le rejet massif et les passages à l’acte dont sont victimes ces familles.
Ce fut récemment le cas, chemin de la Madrague Ville à Marseille, où lors de deux nuits consécutives, des agressions ont obligé les familles à quitter les lieux et à se réfugier dans un square public en pleine nuit, pour en être à nouveau délogées en début d’après-midi par les forces de l’ordre, laissant une fois de plus place à l’insoutenable mépris, à la peur et à l‘errance.
Malgré l’alerte 48 h plus tôt, aucune protection policière n’a été mise en place, par contre la police et les services municipaux ont fait preuve de célérité pour murer l’entrée du site et jeter à la benne les effets personnels des occupants légalement protégés par un jugement mis en délibéré au 19 septembre.
Parce qu’il est temps d’arrêter cette politique inhumaine et contraire aux droits de l’Homme, cette barbarie qui s’installe, cette politique déjà quatre fois condamnée par les instances européennes.
Nous réaffirmons l’urgence d’arrêter toutes expulsions sans solution pérenne garantissant le minimum de sécurité, de conditions d’existence et de respect du droit.
Fait à Marseille, le 3 Septembre 2013.