dimanche 4 août 2013

Ramadan : des centaines d'Algériens mangent en public en pleine journée



Pour défendre leur liberté de conscience , plus de 500 jeunes algériens ont mangé et bu en public ce samedi, dans la ville de Tizi Ouzou. À travers cette action, une première du genre, ils entendaient protester contre "l'islamisation" du pays.
Le wali de Tizi Ouzou a affirmé ne voir aucune utilité de «  réprimer » le déjeuner public auquel a appelé un groupe de citoyens pour le 3 août au carrefour Matoub Lounès, à la sortie ouest de la ville de Tizi Ouzou.
"Les services de sécurité n'ont pris aucune décision visant à réprimer ces non-jeûneurs qui veulent manifester devant le carrefour Matoub Lounès le 3 août prochain ", a affirmé Abdelkader Bouazghi, lors d’une conférence de presse.  " Chacun est libre face à sa conscience ", a-t-il précisé.
Pendant le ramadan, les musulmans ont ordre de ne pas boire, manger, fumer, ou encore de ne pas avoir de relation sexuelle, du lever jusqu'au coucher du soleil. En Algérie, les restaurants sont ouverts uniquement dans les hôtels de luxe, et les autorités du pays incitent la population à respecter le jeûne, l'un des cinq piliers de l'islam. Manger en pleine journée et en public peut être vu comme un affront.

Au menu, bouteilles d'eau, pain, cigarettes et bières
"Il y a un climat de terreur qui règne contre ceux qui ne jeûnent pas" durant le mois du ramadan, dénonce Ali, la quarantaine, technicien. Parmi les participants à cette action, figuraient des citoyens sans affiliation et des militants politiques, surtout berbères.
Armés de bouteilles d'eau, de jus, de pain, de cigarettes et même de bières pour l'un d'eux, ces protestataires ont revendiqué "l'attachement ancestral" des Kabyles "à la liberté de conscience", selon les mots du président du Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie (MAK).
"Islamisation" de la société
Jusque dans les années 1980, dans les villes au moins, la société algérienne faisait preuve de plus de souplesse. Les restaurants étaient ouverts et ne jeûnaient que ceux qui le voulaient. Depuis le début des années 1990, nombre de partis d'opposition dénoncent "l'islamisation" de l'Algérie, accentuée par le Printemps arabe qui a eu lieu dans les pays voisins.
Source: Presse algérienne