mercredi 7 août 2013

" Dans le contexte de la mondialisation, les Roms, ou plutôt ceux qui sont désignés comme tels, sont utiles au pouvoir." (...)"Expulser des Roms est une manière de produire de la nationalité"

Un article de Michel Agier (ethnologue et anthropologue), auteur de "La condition cosmopolite", extraits d’un interview de Caroline Fouteau pour Médiapart le 9 juillet 2013.
Les ethnies n’existent plus nulle part comme formes d’organisation sociale, économique, culturelle ou cultuelle autonome comme elles ont pu l’être au moment où ce terme a été créé. Ce qui existe aujourd’hui ce sont des identités ethniques dans des contextes complexes, de plus en plus individualisés. Les gens se déplacent, la migration est généralisée, tous les endroits du monde sont connectables. C’est à ce moment, paradoxalement, que l’identité ethnique est instrumentalisée. Les Roms ne sont plus nomades depuis des décennies. Ils migrent parce qu’ils ont perdu leur travail et sont discriminés dans leur pays d’origine. L’une des spécificités de cette population est d’être marginalisée économiquement et socialement. La question rom est liée à la crise post-guerre froide. Ces personnes ont été laissées pour compte de la transition dans les pays de l’Est et ont cherché à s’installer ailleurs que dans leur pays d’origine. En ce sens, elles symbolisent l’échec de l’Union européenne à constituer un espace de libre circulation. Mais ces migrants ne peuvent pas être confondus avec les personnes qu’on appelle “gens du voyage” et qui sont d’ailleurs pour la plupart de nationalité française

Pour lire la suite de ce propos, cliquez sur la couverture du livre