1)A 10 h 40 Chômage, comment s'en sortir ?
2) A 10 h 45 Le travail, malade du chômage
3) A 11 h 50 Allemagne : modes d'emplois
1) Chômage, comment s'en sortir ?
Alors que l'Europe se débat dans la crise
financière, l'emploi reste-t-il une priorité ? En France, où cinq millions
de personnes en sont privées, et en Allemagne, où les travailleurs pauvres se
sont multipliés, enquêtes sur des sociétés à deux vitesses.
2) Le travail, malade du chômage
À Sochaux, le pays de Peugeot, la
radiographie sensible d'un chômage de masse chronique qui mine le monde du
travail. Il y a quarante ans, Peugeot employait 42 000
salariés à Sochaux, son usine mère, soit .....
30 000 de plus
qu'aujourd'hui. Sur les chaînes, un tiers des six mille ouvriers sont
intérimaires. Dans la région, les entreprises d'insertion ont fleuri,
permettant à des hommes et à des femmes durablement exclus du travail de
renouer avec lui, maigres salaires subventionnés à la clé. La précarité de
l'emploi, affirment des représentants du patronat local, est devenue "une
variable d'ajustement" indispensable à la survie des entreprises dans une
économie mondialisée.
Ce film nous plonge dans le quotidien de ce
travail rétréci, qui condamne les demandeurs d'emplois à une alternance sans
fin de bouts d'emploi au rabais et de chômage, à l'insécurité, à la
dévalorisation de soi. Une situation inégalement subie, qui touche plus
durement les femmes, les jeunes, les sans qualification, les seniors et les
immigrés. Il donne la parole à ces laissés-pour-compte du travail, mais aussi à
des chefs d'entreprises, des syndicalistes CGT de Peugeot, des agents de Pôle
Emploi, dont la réforme récente est contestée en interne. En contrepoint, des
chercheurs analysent et décryptent les ressorts économiques et politiques qui
alimentent cette réalité. Comment et pourquoi la France s'est-elle résignée à
une casse sociale devenue chronique ? Aujourd'hui, toutes catégories
confondues, plus de 5 millions de personnes cherchent un emploi dans notre pays
et 60 % des postes proposés sont des CDD de moins d'un mois.
3) Allemagne : modes
d'emplois
Face à la crise, le "modèle
allemand" de dialogue social a gardé toute sa force... à l'intérieur des
entreprises. Au dehors, les "minijobs" distribuent les miettes.
En dépit d'une récession deux fois plus forte que la
nôtre, l'Allemagne a licencié cinq fois moins que la France entre 2008 et 2010.
Et son chômage continue de baisser. Seul, le recours massif au chômage partiel
pour préserver les emplois n'aurait pas suffi. Depuis les années 1990, les
entreprises allemandes ont négocié toujours plus de flexibilité contre des
garanties d'emploi, les syndicats acceptant de troquer certains avantages
sociaux contre cette sécurité. Vingt ans après, cette pratique de dialogue
social et de cogestion a sauvé le pays d'une des plus graves crises annoncée.
Après l'exemple français, cette enquête se concentre sur Stuttgart, capitale du
Bade-Wurttemberg, où la reprise est la plus spectaculaire. Dans l'entreprise
familiale Trumpf (huit mille salariés, dont la moitié en Allemagne), le
contraste est saisissant avec l'exemple français : le travailleur, ici, est
considéré comme une richesse à préserver et le syndicat IGMetall (50 % des
salariés de l'industrie) dialogue sur un pied d'égalité avec la direction.
C'est le fameux "modèle allemand".
Mais à l'extérieur, les lois Hartz adoptées en 2003 (par le gouvernement
Schröder) ont condamné à la précarité des millions de salariés. Si les
statistiques du chômage ont baissé (à 6,9 % de la population), c'est aussi
qu'il n'est pas indemnisé au-delà d'un an. Le demandeur d'emploi, à l'issue de
ce délai, est contraint d'accepter n'importe quoi, fût-ce un
"minijob" précaire, à temps partiel et sous-payé, telle cette jeune
mère qui gagne quelque 400 euros par mois et survit grâce à ses amis et à son
potager.
