La Ligue française des droits de l’Homme soutient le rassemblement de ce
samedi 25 février 2012 contre les violations des droits de l’Homme et des
libertés publiques au Sénégal.
Elle rejoint ainsi le combat mené par ses organisations sœurs
sénégalaises : l’ONDH, la RADDHO et la LSDH. Toutes nos organisations
sont membres de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme,
et nous sommes toutes mobilisées pour soutenir les citoyens et citoyennes
sénégalais qui se battent aujourd’hui pour le respect de leurs droits.
Jamais nous n’aurions cru devoir connaître une telle situation au
Sénégal ! Les élections qui se tiendront demain sont vraiment des
élections à haut risque....
Pour la première fois depuis que des élections sont organisées au Sénégal, pour la première fois dans l’histoire du Sénégal, des observateurs étrangers vont se rendre sur le terrain pour voir le déroulement des opérations. Mais nous avons tous de sérieuses craintes, ne serait-ce que, pour commencer, parce que nous savons que la distribution des cartes d’électeurs ne s’est pas faite dans la transparence. Ceci a d’ailleurs été dénoncé par l’Union européenne. Mais nous nous interrogeons plus globalement sur le déroulement du scrutin de demain et sur son dépouillement… tout en espérant qu’ils se dérouleront dans le calme et la transparence que doit respecter toute démocratie digne de ce nom.
La Commission africaine des droits de l’Homme
et des peuples qui tient sa 11ème Session vient de condamner
l'utilisation de la force contre les manifestants et appelle à la libération
des personnes arbitrairement arrêtées.
Il est quand même extrêmement regrettable que
le Président Wade, qui a lui-même promulgué la réforme de la Constitution en
2001 limitant à deux le mandat présidentiel, ne s’applique pas à lui-même cette
règle. Son arrivée au pouvoir avait soulevé l’espoir, mais depuis plusieurs
années ce ne sont que déceptions, gabegie, corruption, violations des droits,
décrédibilisation du politique… qui sont au rendez-vous.
Avec vous nous souhaitons appeler les autorités
sénégalaises à mettre en oeuvre toutes les mesures nécessaires pour appliquer
les recommandations de la Commission africaine des droits de l’Homme et des
Peuples et garantir la tenue dans le calme d’élections libres et transparentes.
Nous les appelons également à respecter leur Constitution et leurs textes
nationaux garantissant les libertés d’opinion et de manifestation. Nous les
enjoignons de cesser toute répression violente des manifestations qui
pourraient encore se dérouler sur le territoire sénégalais. Nous leur demandons
solennellement de garantir la sécurité de tous les citoyens et bien sûr celle
des leaders de l’opposition. Nous dénonçons avec vigueur les menaces et
intimidations dont plusieurs sont victimes.
Nous exigeons que des mesures soient prises
pour poursuivre en justice les auteurs des violences et mettre un terme à
l’impunité dont ils bénéficient. Rien ne justifie l’usage des armes face à des
manifestants, ni la chasse aux manifestants conduites par des hommes en civil
cagoulés et armés de fusil à pompe.
Il y a déjà eu 5 morts – dont un policier – et
des dizaines de blessés dont des enfants. Cela suffit !
Halte aux attaques récurrentes contre les
défenseurs des droits de l’Homme au Sénégal ! Halte à la répression contre
les opposants au régime !
Halte aux arrestations arbitraires !
libération immédiate et sans condition de toutes les personnes arbitrairement
arrêtées !
Haltes aux actes de torture contre les
personnes en détention !
Nous appelons avec vous à des élections libres
et transparentes et au rétablissement de toutes les règles de droit et de la
démocratie au Sénégal
