Donner la parole aux
artistes et aux intellectuels sur l’exil, la mobilité croissante des
populations, les espoirs et la souffrance, le déracinement, la vie au loin, le
retour au pays.
Ce Théma #3 se construit en écho à la pièce Invisibles
de Nasser Djemaï dans laquelle il met en scène la vie des travailleurs
immigrés retraités et au spectacle de Michel Boujenah,
enfant de l’exil.
« Quand je t’ai demandé de m’écrire le nom
de ton pays, tu m’as répondu que tu ne pouvais pas parce que le Maroc, c’est le
“pays”, et que c’était comme ça : el Maghreb. On écrit comme on prononce le
pays qui pourtant ne s’écrit pas, parce qu’il est plein d’images insolubles et
que ce n’est plus tout à fait le sien. El Maghreb. Faire et défaire la France.
Faire en sorte que le pays qui nous quitte ne soit jamais tout à fait mort et
le tenir dans le champ d’un espace chaud, comme un regard. Et encore, se lever,
s’intégrer, respirer dans ce nouveau désert, faire et défaire le présent aussi
souvent que le passé le demande. Et souvent il appelle, et il se nourrit de
notre liberté comme il mange nos souffrances. »
Malik Nejmi - Photographe
Le programme de ce Théma est à la suite.
CONFÉRENCE -
DÉBAT
Samedi 14 janvier 2012 à 18h
L’EXIL
Boris Cyrulnik
L’exil est un phénomène qui caractérisera le XXIe
siècle. Les flux constants de personnes au travers du globe, qu’ils soient
contraints ou choisis, ponctuels ou à l’origine de migrations définitives,
produisent différents types de souffrance et conduisent à l’émergence de
stratégies politiques plus ou moins efficaces. Le
choix est clair. Faut-il construire des camps pour réfugiés vaguement perfusés
par l’aide sociale ? Ou faut-il réfléchir au processus
d’immigration ?
Boris Cyrulnik est éthologue, psychanalyste,
psychologue, neuropsychiatre et écrivain français.
Vendredi 20
janvier à 19h
LES EXILOCRATES : D’ISTANBUL A MARRAKECH DANS LA
FRANCE D’AUJOURD’HUI
Ali Akay
Le monde méditerranéen est une région close pleine de
problèmes politiques où les intellectuels se voient contraints à l’exil de
leurs propres pays pour pouvoir s’exprimer ailleurs plus librement. Que font
les intellectuels opposants ou engagés dans leurs pays natals ? Quelle société
post-migratoire dans le nord de la Méditerranée issue de l’immigration
économique et politique ?
Ali Akay est professeur
à l’Université des Beaux-Arts Mimar Sinan à Istanbul, chef du département de
sociologie, commissaire d’exposition et fondateur de la revue Toplumbilim.
PROJECTION –
DÉBAT
Samedi 4 février à 16h
Les pieds noirs, histoires d’une blessure de Gilles
Perez et Karine Bonjour (2007)
Documentaire (2h40)
La projection sera suivie d’une rencontre avec les
réalisateurs et quelques-uns des témoins du film.
A l’aide de témoignages et d’archives familiales Les
Pieds Noirs, histoires d’une blessure retrace l’histoire des années
romantiques (installation et vie en Algérie), aux années dramatiques (guerre et
fuite), aux années mélancoliques (exil).
«Il ne s'agit pas d'un film historique, mais d'un film
humain, d'un film de mémoire. Mémoire partagée, entrelacée, qui s'entrechoque,
trébuche quelque fois.» Gilles Perez
Une production Treize au Sud et France Télévisions
DOCUMENTAIRES &
COURTS-MÉTRAGES
Du 13 au 29
janvier
Les vendredis, samedis et dimanches de
16h à 19h
Samedi
14, dimanche 15, vendredi 20, dimanche 22, vendredi 27, samedi 28 janvier à 16h
Une sélection de
courts-métrages et de documentaires portant sur l’exil
Nasser DjemaÏ & les invisibles (52’) : documentaire sur le processus de création de la pièce
Les jours lointains (25’) :
tranches de vie au café social Ayyem Zamen de Belleville
Les jours d’après (28’) :
le café social dix ans après
Jean Farés de Lyes
Salem (13’) : mariage mixte, intégration et comique de situation
Vers le Nord de Youssef
Chebbi (16’) : l’attirance de l’exil
Paroles d’exilés d’Emna
Mrabet (14’) : la vie en exil
Vendredi 13, samedi 21 et
dimanche 29 janvier à 16h
Mémoires d’Immigrés, l’héritage
maghrébin de Yamina
Benguigui (1997)
Trois ans d’enquête, furent nécessaires à Yamina
Benguigui pour réaliser Mémoires d’immigrés associant
témoignages, images d’archives et images personnelles pour raconter les
histoires des pères (volet 1), mères (volet 2) et enfants (volet 3) de
l’immigration. Documentaire en trois volets (2h40).
« Ce film est le récit de mon voyage au
cœur de l'immigration maghrébine, en France. L'histoire des pères, des mères,
des enfants, l'histoire de mon père, de ma mère, mon histoire. » Yamina
Benguigui
EXPOSITIONS
Hall du Théâtre Liberté
6 janvier au 29 février
El Maghreb
Malik Nejmi
Cette exposition qui a été présentée aux Rencontres
Internationales de la Photographie à Arles en 2006 saisit le contrepoint à
l’exil, l’absence sans retour. Le Théâtre Liberté présente ici un extrait des
trois séries suivantes :
Je t’envoie mon fils pour qu’il t’embrasse (Images
d’un retour au pays 2001)
Partir ce n’est pas un rêve (Ramadans 2004)
La paix sur mon père (Bâ Oua Salâm 2005)
Malik Nejmi est un artiste
qui, de par sa culture franco-marocaine, se trouve en permanence dans
l’entre-deux. Il creuse dans les contours d’un territoire pour photographier ce
sentiment d’étrangeté qui construit notre conscience et révèle nos identités.
« Partout, dans les cafés, les épiceries, les
hôtels, vous trouverez le regard d’un homme, assis, seul dans ses pensées.
C’est le regard de la dépression, l’épais manteau de la nation islam recouvrant
le pays entier, celui de la ghorbâ, de l’isolement, d’une jeunesse en rupture
avec son imaginaire. L’image figée de “l’Arabe” qui rêve de partir ».
Et maintenant…
Alain Michon - installation sonore
Pascal Fayeton - photographies
Le Théâtre Liberté produit et présente une exposition
fruit du travail de médiation réalisé par Alain Michon et Pascal
Fayeton auprès de la population des vieux migrants sur le territoire
toulonnais.
CINÉMA HORS LES MURS
Le Cinéma Le Royal en partenariat avec le Théâtre
Liberté programmera sur le thème de l’exil :
Nulle part, terre promise d’Emmanuel Finkiel (2008) courant février 2012 (dates à définir).
THÉÂTRE
Salle Albert Camus
7 janvier 2012 à 20h30
Michel Boujenah "Enfin
libre"
De et par Michel Boujenah
Le titre du dernier one-man-show de Michel Boujenah
est un cri de délivrance. Et c’est du Michel Boujenah comme on l'aime :
irrésistible dans le rire comme dans l’émotion.
Salle Albert Camus
14 janvier 2012 à 20h30
Invisibles
Texte et mise en scène : Nasser Djemaï
Oubliés de tous, écartelés entre les deux rives de la
Méditerranée, ils tentent de se souvenir, pour rester en vie… Basée sur des
témoignages réels dont celui de son père, Nasser Djemaï met en scène une œuvre
hors normes et bouleversante sur la vie des travailleurs immigrés.
