Communiqué LDH. Paris, le 10 janvier 2012
Une « bonne naturalisation »
est une naturalisation empêchée
Le ministre de l’Intérieur plastronne en
annonçant avoir " largement atteint ses objectifs" pour
faire baisser tant l'immigration illégale que légale en France. Claude Guéant a
profité de l’occasion pour faire à nouveau état de chiffres liant immigration
et délinquance, chiffres une fois encore sortis d’on ne sait quel chapeau.
Il faut inscrire au chapitre de ce bilan
la chute de trente pour cent du nombre de naturalisations. Une situation
largement due au durcissement des procédures et conditions d’octroi de la
nationalité, parmi lesquelles la maîtrise de la langue et le transfert de compétences
aux préfectures...
Rappelons que dans les débats qui se
sont déroulés dans la dernière période sur le droit de vote des résidents non
européens aux élections locales, la droite s’est répandue dans les médias pour
opposer à cette mesure une " véritable citoyenneté", passant par… la
naturalisation. Une orientation que Claude Guéant s’emploie à réduire
comme une peau de chagrin. A moins évidemment qu’à ses yeux, les " bonnes
naturalisations" soient justement celles qu’on empêche.
Ces affichages martiaux, davantage
destinés à l’électorat du Front national qu’à toute autre chose, ne font que
souligner une double urgence démocratique. D’une part accorder, enfin et comme
l’a récemment voté le Sénat, le droit de vote des résidents non européens aux
élections municipales ; d’autre part, rompre avec la stratégie de
stigmatisation mensongère des populations migrantes ou assimilées.