dimanche 15 janvier 2012

"On met trois heures pour mettre un môme en prison et quatorze ans pour juger Chirac" Pierre Joxe

Pierre Joxe, que vous pouvez écouter en cliquant sur son livre,  défend la justice des mineurs contre « l'acharnement sarkozyste  dans un nouveau livre "Pas de quartier ? Délinquance juvénile et justice des mineurs".  
Dans ce document aussi bouleversant qu’édifiant, Pierre Joxe raconte sa tournée des prétoires et des prisons, il évoque les cas de vols, de viols, de violences, d’incendies volontaires, de trafic de stupéfiants, mais aussi le contexte de misère sociale, de déscolarisation, l’absence de soutien familial, et dresse un état comparatif des situations qui prévalent en ce domaine en France, en Autriche, en Espagne, en Allemagne et dans les pays anglo-saxons.

 " Il est peu de problèmes aussi graves que ceux qui concernent la protection de l’enfance, et parmi eux, ceux qui ont trait au sort de l’enfance traduite en justice. La France n’est pas assez riche d’enfants pour qu’elle ait le droit de négliger tout ce qui peut en faire des êtres sains."
 Le 2 février 1945, Charles De Gaulle, chef du Gouvernement provisoire d’une France à peine libérée du nazisme, motivait ainsi une Ordonnance historique sur la justice des mineurs, inspirée par le programme du Conseil national de la Résistance. Depuis 2002, un demi-siècle plus tard, une majorité parlementaire et des gouvernements prétendant se réclamer pourtant du « gaullisme », démantèlent méthodiquement par des lois successives la célèbre ordonnance de 1945.

Au Conseil constitutionnel, entre 1992 et 2010, Pierre Joxe a tenté de s’opposer à cette entreprise de démolition. Devenu avocat des enfants en 2010, pour pouvoir observer cette justice des mineurs de l’intérieur, il témoigne aujourd’hui et prend position contre la destruction programmée d’une de nos plus belles institutions sociales. Pierre Joxe fut ministre de l’Industrie puis ministre de l’Intérieur, enfin ministre de la Défense au cours des deux septennats de François Mitterrand. Ancien président de la Cour des comptes, il a siégé au Conseil constitutionnel de 2001 à 2010.