J'ai rendu visite hier 6 janvier 2012 à Lisandru dans
la chambre qu'il occupe à "l'hôpital prison",
une réalisation récente bâtie sur pilotis, le "pavillon corail",
où l'on accède par un tunnel reliant celui-ci à l'immense bâtiment de
l'Hôpital-Nord de Marseille.
Je suis resté plus d'une heure avec lui. Il reste très
faible mais il a abordé la remontée de la pente le sortant d'une zone de graves
périls. Il pourra reprendre sans doute une alimentation normale d'ici 3
semaines environ.
Il remercie chaleureusement la L.D.H. d'avoir
largement contribué à le faire hospitaliser le 3.01.12, alors que le magistrat
instructeur Claude Choquet et l'administration pénitentiaire attendaient
pour cela qu'il perde connaissance, c'est à dire qu'il soit dans le coma.
Règle semble-t-il courante en pareil cas !
Lors de la 1ère visite.......
dès le 4 au matin aux
côtés de son père, alors que sa détermination était intacte, j'ai
participé à le convaincre d'arrêter sa grève de la faim et de se laisser
perfuser en lui promettant que nous continuerions à nous battre pour que les
droits fondamentaux d'un présumé innocent soient respectés. Droits de la
Personne et droits de la Défense régulièrement foulés aux pieds par une
juridiction spéciale, la J.I.R.S. (Juridiction Inter -
Régionale Spéciale), juridiction d'exception introduite par Perben
2, dénoncée par la L.D.H. Sans parler de la manière encore
plus spéciale avec laquelle magistrats et policiers appliquent
ces dispositions à la Corse. Ex : les avocates de Lisandru n'ont toujours
pas eu accès ni même vu en photo depuis des mois, le fameux sachet
en plastique (trouvé dans un autre sachet en plastique !) où il aurait été
trouvé une trace d'ADN de Lisandru, ADN qu'il a toujours refusé de donner, par
principe d'un refus de fichage systématique.
Mardi 10 janvier Lisandru sera conduit , perfusé
et en ambulance, au Palais de Justice de Marseille, sur convocation du
magistrat instructeur C. Choquet. Il attend ce moment avec impatience car
jusqu'à ce jour celui-ci ne lui aura posé aucune question précise,
refusant même comme la L.D.H. l'avait souhaité d'accélérer les
auditions entre Noël et Jour de l'An compte tenu de l'affaiblissement
continu de Lisandru à la prison des Baumettes.
On peut s'interroger dès lors si, comme pour la
garde à vue, la prison préventive n'est pas utilisée aussi comme une
violence de coercition , certains diront de torture morale.
La
L.D.H. ne pourra jamais accepter ce postulat totalement
et frontalement à l'opposé des principes et valeurs qu'elle
défend depuis plus d'un siècle.
Jean-Claude Aparicio
Samedi 7 janvier 2012
