Des
voeux venus du Pérou. d'ailleurs, envoyés par Maurice A, un ligueur et un ami que nous
apprécions toujours énormément.
Je
suis heureux d'emprunter ses mots à Galeano pour dire "bonne année". A
bientôt, Maurice
LES CHEMINS DU VENT
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| Eduardo Galeano |
Puissions-nous
avoir le courage d’être seuls et l’audace de prendre le risque d’être ensemble,
parce qu’une dent hors de la bouche ou un doigt loin de la main ne servent à
rien.
Puissions-nous
être désobéissants, chaque fois que nous recevons des ordres qui humilient
notre conscience ou violent notre bon sens.
Puissions-nous
mériter d’être traités de fous, comme l’ont été les mères de la Place de Mai
qui ont commis la folie de refuser d’oublier, aux temps de l’amnésie obligatoire.
Puissions-nous
être assez obstinés pour continuer de croire, contre toute évidence, que la
condition humaine en vaut la peine : car nous avons été mal faits, mais ne
sommes pas encore achevés.
Puissions-nous
être capables de continuer à marcher sur les chemins du vent, malgré les chutes,
les trahisons et les défaites, parce que l’histoire continue par-delà
nous-mêmes, et lorsqu’elle dit adieu, elle dit : à bientôt.
Puissions-nous
garder vivante la certitude qu’il est possible d’être les compatriotes de tout
être animé de la volonté de justice et de la volonté de beauté, où qu’il naisse
et où qu’il vive, car elles n’ont pas de frontières les cartes de l’âme et du
temps.
EDUARDO
GALEANO
Paroles de remerciement prononcées à la remise du
prix Stig Dagerman, Stockholm Septembre 2010. (Traduction Maurice Audibert)