dimanche 9 décembre 2018

Mantes-la-Jolie : la puissance de l’Etat s’affirme par sa maîtrise et non par l’humiliation

Communiqué LDH
Des vidéos montrant plus d’une centaine de mineurs, pour beaucoup lycéens, à Mantes-la-Jolie, agenouillés, face contre un mur, certains les mains sur la tête, humiliés par des policiers, sont insupportables et ont profondément choqué.
Au-delà de l’indignité d’un tel comportement de représentants des forces de l’ordre, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) dénonce ces agissements illégaux, en violation de l’ordonnance du 2 février 1945 sur les mineurs et des garanties accordées à toute personne interpellée.
Quelles que soient les tentatives de justification du parquet de Versailles et du gouvernement, la LDH rappelle qu’aucun principe de sécurité ou d’ordre public ne saurait primer sur les droits de l’enfant ni autoriser des humiliations d’Etat. Ces valeurs fondamentales sont protégées par de nombreux outils internationaux. C’est pourquoi la LDH entend alerter le rapporteur spécial sur la torture de l’ONU, afin qu’il se saisisse de cette situation dans un contexte de multiplication des blessés par les forces de l’ordre lors d’opérations de sécurité autour des mouvements sociaux.
Parallèlement à l’auto-saisine du Défenseur des droits, qu’il faut saluer, la LDH demande que toute la lumière soit faite sur ces graves faits. Si le ministre de l’Intérieur a annoncé qu’il rendrait publique l’enquête interne initiée, la transparence doit être totale et les responsabilités recherchées.
Paris, le 7 décembre 2018

lundi 26 novembre 2018

Des antisémites sous les gilets jaunes…

https://ldhsarlat.wordpress.com/2018/11/24/des-antisemites-sous-les-gilets-jaunes/ Ligue des Droits de l'Homme - Section de Sarlat

Parmi les « gilets jaunes » présents à Paris pour « tout bloquer » samedi dernier, une belle brochette de nationalistes et d’antisémites notoires, qui comptent bien récidiver samedi prochain…
Pas facile d’avoir un avis tranché et définitif sur le mouvement des « gilets jaunes », qui s’est exprimé pour la première fois samedi dernier. Certains, comme Jean-Pierre Anselme, veulent y voir « un mouvement d’ampleur, qui mobilise une large fraction des classes populaires les plus meurtries par les politiques gouvernementales néolibérales », dont les tentatives de récupération de la part de leaders nationalistes « n’atteste en rien de sa prétendue “nature” d’extrême droite »
D’autres, au contraire, comme nos camarades désabusé·es de Haute-Savoie, jugent ce mouvement plus sévèrement : « Sans perspectives révolutionnaires, les masses populaires qui cherchent la rébellion contre la morosité périurbaine se retrouvent prises dans les mailles du populisme, renforçant ainsi l’avancée du fascisme. »
Pour notre part, c’est plutôt avec scepticisme que nous observons ce mouvement, car sa revendication « franchouillarde » (la référence aux « Gaulois »), son anti-fiscalisme primaire (quid de la redistribution des richesses ?), et plus largement sa vacuité idéologique le rende plus facilement perméable aux idées d’extrême droite qu’à nos propositions d’émancipation sociale et de solidarité de classe, quelque soit la nationalité. L’avenir jugera, mais d’expérience, on sait que ce genre de mouvement spontané, n’ayant pour seule revendication que de « faire entendre le peuple » sans préciser ce qu’il a à dire, est soit voué à disparaître rapidement, soit à finir dans les filets des populistes professionnels, qui sont déjà à l’affût.

Les assocations de défense des migrants saisissent la justice pour entorses aux droits des mineurs isolés

 mardi 20 novembre 2018 à 18:31 Par Martin Delacoux, France Bleu Azur
Pour la journée internationale des droits de l'enfant, élus, associations et avocats ont déposé un dossier au procureur de la république de Nice. Le document recense des entorses aux droits des mineurs étrangers isolés à la frontière franco-italienne. Ils espèrent l'ouverture d'une enquête.
La Ligue des droits de l'homme, le syndicat des avocats de France, ainsi que trois élus du Sud-Est ont déposé un dossier sur le bureau du procureur de la République de Nice mardi 20 novembre, dans l'après-midi. Un document de vingt pages, qui signale et liste les entorses faites aux droits des enfants sur les mineurs isolés étrangers à la frontière franco-italienne. Parmi les cas mentionnés, trois ont déjà été reconnu comme valables par tribunal administratif de Nice. Mais aujourd'hui, les associations de défenses des mineurs veulent aller plus loin : elles souhaitent que Jean-Michel Prêtre, le procureur, ouvre une enquête au pénal. 
"Les associations demandent qui sont les responsables" 
"Libre à M. Prêtre d'enquêter, de poursuivre, de demander où sont les responsables" explique l'avocate Mireille Damiano, du syndicat des avocats de France. Dans ce document, ils ont recensé des faits, qui, à leur sens, constituent des infractions. "Ces affirmations nous laissent à penser que sont responsables le préfet des Alpes-Maritimes, et deuxièmement les policiers et leur gouvernance. 
"Une stratégie politique délibérée" 
Pour David Nakache, le président de l'associaition "Tous Citoyens", les entorses recensées dans ce document sont inadmissibles et délibérées. "Dès qu'il s'agit de mineurs étrangers isolés, il y a une stratégie politique délibérée d'entrave aux droits. [...] On les refoule sans même étudier leurs dossiers, ce qui n'arrive pas quand il s'agit d'enfants français."
Ce dossier a été enregistré le 20 novembre. En revanche, le procureur de la République ne s'est pas encore exprimé à ce sujet.

mardi 20 novembre 2018

Débat : Non, la liberté d’opinion n’a pas à être « fondée sur des faits »

The conversation - 14 novembre 2018

https://theconversation.com/debat-non-la-liberte-dopinion-na-pas-a-etre-fondee-sur-des-faits-106635
Reporters sans frontières (RSF) vient de divulguer une « déclaration internationale sur l’information et la démocratie ». L’intention est de poser les « principes fondamentaux de l’espace global de l’information et de la communication », notamment pour lutter contre la « désinformation massive en ligne ». C’est un projet louable, mais qui repose sur une conception inquiétante de la liberté d’opinion. 
Cette conception est résumée dans la première phrase suivant le préambule de la déclaration :
« La liberté d’opinion est garantie par l’échange libre des idées et des informations fondées sur des vérités factuelles. »
Ce que signifie « garantie » n’est pas très clair, mais il faut sans doute entendre que « la liberté d’opinion n’a de sens que si elle est fondée sur des faits », comme le soutenait récemment Christophe Deloire, le secrétaire général de RSF. 
La liberté de dire des bêtises, le droit d’en lire  
La liberté d’opinion garde pourtant tout son sens lorsqu’elle n’est pas « fondée sur des faits ». On peut très bien avoir une opinion, et la liberté de l’exprimer, sur des choses qui ne sont que très indirectement factuelles : sur ce qui est beau ou ce qui est laid, bien ou mal, sur des valeurs ou sur des systèmes de valeur. Je suis libre d’avoir l’opinion que la peinture de Monet est supérieure à celle de Renoir (ou l’inverse) sans avoir à la fonder sur des « preuves » ou sur des « informations fiables ». Et j’ai bien le droit de le dire. 
La liberté d’opinion n’est donc pas toujours fondée sur des faits, et surtout elle n’a pas à l’être. Une opinion qui n’est pas fondée sur des faits doit pouvoir être communiquée. C’est ainsi que l’on parvient à produire des informations fiables. Les rédacteurs de cette déclaration renversent l’ordre des choses en faisant de l’information fiable un point de départ, alors qu’elle est le point d’arrivée des échanges d’opinions. Il faut avoir la liberté de se tromper, et de dire des bêtises, pour arriver ensuite à se rapprocher autant que possible de la vérité. 
La liberté d’opinion, c’est et cela doit être la liberté de dire que la foule ayant assisté à l’investiture du 45e président des États-Unis est plus importante que celle présente pour l’investiture du 44ᵉ, que personne n’a jamais marché sur la Lune ou que 2+2 font 5, ou bien 4, ou bien 3, peu importe. Une opinion n’a pas besoin d’être vraie a priori, ni correctement établie, ni « rationnelle » ou « fondée sur de l’information fiable ». Elle a seulement besoin d’être émise puis discutée, et le cas échéant rejetée ou amendée. 
Pour cette raison, le droit à l’information ne doit pas consister, comme le proposent les auteurs de la déclaration, en la « liberté de rechercher et de recevoir des informations fiables et d’y accéder ». Elle doit consister en la liberté de rechercher n’importe quelle information, fiable ou pas, pour s’y frotter, s’y piquer, et apprendre.

Le service national contre l’ennemi de l’intérieur

https://www.questionsdeclasses.org/?Le-service-national-contre-l-ennemi-de-l-interieur

Questions de classe(s) - Posté le 13 novembre 2018 par B. Girard

Dans un rapport en date du 12 février 2018, l’IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale) voit dans le SNU (service national universel) un outil d’éducation totale des jeunes mais aussi de contrôle de toute la société. « Une transformation silencieuse  » qui passe par des préconisations qui font froid dans le dos. 
Le service national, dernier avatar en date de la « défense globale »
Au-delà des traditionnels éléments de communication censés justifier le projet (« universalité, égalité, fraternité etc… »), l’objectif central est celui de la « défense globale  », un concept dont le flou permet de justifier toutes les extensions. Dans le cas présent, l’IHEDN ratisse large, très large : le SNU « doit favoriser l’attractivité [des armées], générer un meilleur recrutement et leur permettre, le cas échéant, de s’appuyer – en cas d’intervention sur le territoire national * – sur des réserves de la Nation/de la République (sic), identifiées, mieux formées, immédiatement rappelables, plus solidaires. » Qu’un des objectifs prioritaires du SNU soit de répondre aux besoins de recrutement des armées n’est pas une surprise – il apparaît en filigrane à travers tous les dispositifs de rapprochement jeunes/armées, notamment dans l’éducation à la défense – mais avec l’accent désormais mis sur une intervention se déroulant à l’intérieur des frontières et des classes d’âge « immédiatement rappelables » (une formulation qui renvoie à la guerre d’Algérie..), le projet de SNU prend une tout autre signification, dont le rapport ne prend même pas la peine de dissimuler la portée : « une contribution limitée et précisément définie doit permettre de valoriser les atouts pédagogiques des militaires et de souligner leur contribution à la prévention de crises sur le territoire national, en même temps que leur contribution à la formation des jeunes et à une certaine remédiation sociale. »
Interventions sur le territoire national, prévention de crises sur le territoire national, formation des jeunes, remédiation sociale : en quelques mots, tout est dit. En usant d’une dialectique qui n’est pas sans évoquer « le rôle social de l’officier », le SNU permet d’étendre à l’infini le champ d’intervention de l’armée : l’éducation (et l’école) comme étape obligée d’une militarisation plus large de toute la société. Dans cette optique, l’IHEDN imagine un service national qui soumettrait tous les jeunes à partir de 18 ans à une « obligation de défense en cas de crise nationale, de nature sécuritaire ou non. Tous peuvent être rappelés en fonction des circonstances. » Au regard du caractère extensif et arbitraire de la notion de crise, de la facilité avec laquelle les dirigeants y ont recours pour instaurer un état d’exception devenu la norme (et de la facilité avec laquelle la société l’accepte - tant qu’elle n’en est pas elle-même la cible), on comprend que le service national recouvre un champ d’application des plus étendus mais qui a davantage à voir avec la surveillance de la population qu’avec le service qu’on est censé lui rendre. La figure du danger est ici, clairement, celle de l’ennemi intérieur.

mercredi 14 novembre 2018

Rapport : « Egypte, une répression made in France » La France et ses entreprises participent à l’écrasement du peuple égyptien

https://www.ldh-france.org/la-france-et-ses-entreprises-participent-a-lecrasement-du-peuple-egyptien-rapport/Un nouveau rapport dévoile aujourd’hui comment l’État et plusieurs entreprises françaises ont participé à la sanglante répression égyptienne des cinq dernières années, en fournissant au régime d’Abdel Fattah al-Sissi du matériel militaire et de surveillance. Dotant les services de sécurité et de répression égyptiens de puissants outils numériques, elles ont participé à la mise en place d’une architecture de surveillance et de contrôle orwellienne, utilisée pour briser toute velléité de dissidence et de mobilisation. Face à ce nouveau scandale touchant les exportations d’armement et de « biens à double usage » français, nos organisations demandent la mise en place d’une enquête parlementaire et l’arrêt immédiat de ces exportations.
Depuis le coup d’état militaire de juillet 2013 orchestré par Abdel Fattah Al Sissi, l’Égypte est en proie à une répression implacable. Le bilan est accablant pour ses services sécuritaires : dispersions de manifestations avec des moyens militaires (plus de 1 000 morts pour la seule dispersion du sit-in de Rabaa Al Adawiya, le 14 août 2013 au Caire) ; incarcération d’au moins 60 000 prisonniers politiques depuis 2013 ; milliers d’exécutions extra-judiciaires et disparitions forcées (entre juillet 2013 et juin 2016, 2 811 cas de disparition forcées aux mains des services de sécurité) ; recours systématique à la torture ; augmentation des condamnations à mort.
Alors que le Conseil des Affaires Étrangères de l’Union Européenne affirmait le 21 août 2013 que : « Les États membres ont décidé de suspendre les licences d’exportation vers l’Égypte de tous les équipements qui pourraient être utilisés à des fins de répression interne », au moins huit entreprises françaises – encouragées par les gouvernements successifs – ont au contraire profité de cette répression pour engranger des profits records. Entre 2010 et 2016, les livraisons d’armes françaises vers l’Égypte passent de 39,6 millions à 1,3 milliards d’euros.

mardi 6 novembre 2018

"La France a le devoir d'aider Asia Bibi", la Pakistanaise condamnée à mort pour blasphème

L'Obs avec AFP -

https://www.nouvelobs.com/monde/20181106.OBS4950/la-france-a-le-devoir-d-aider-asia-bibi-la-pakistanaise-condamnee-pour-blaspheme.html#xtor=EPR-127-[ObsPolitique]-20181106
Asia Bibi trouvera-t-elle refuge en France ? La maire de Paris Anne Hidalgo l'a proposé, de même que le président des Républicains Laurent Wauquiez. Dans des messages séparés, ils ont appelé le gouvernement à intervenir pour sauver la Pakistanaise, condamnée à mort pour blasphème puis acquittée.
Anne Hidalgo se dit "prête" à l'accueillir à Paris, rappelant que la Mairie de Paris avait, en 2014, attribué à Asia Bibi la citoyenneté d'honneur "pour contribuer à la protéger". "Maintenant qu'elle est acquittée, je suis prête à l'accueillir à Paris [...] et l'accompagner elle et les membres de sa famille pour qu'ils puissent s'intégrer durablement en France", a déclaré Anne Hidalgo en marge d'un déplacement à Lille, où elle assistait à l'Assemblée générale des maires francophones.
"La France a le devoir de lui venir en aide, ainsi qu'à sa famille, en intervenant auprès du Pakistan pour qu'il l'autorise à se réfugier dans un autre pays, où elle sera en sécurité et où elle pourra pratiquer sa religion chrétienne en toute liberté." "Sa situation reste particulièrement précaire, puisqu'elle est toujours emprisonnée et qu'elle et ses proches font l'objet de très nombreuses menaces de mort. [...] Il y a urgence."
"Il en va de notre conception de la civilisation"
De son côté, Laurent Wauquiez a appelé Emmanuel Macron à "tout mettre en œuvre pour sauver la vie" d'Asia Bibi "et faire en sorte que cette chrétienne "puisse être accueillie et protégée par la France". "La parole de la France ne peut pas rester silencieuse", a-t-il exhorté.
"Il en va de la vie d'une femme, mais il en va aussi de notre conception de la civilisation face à la barbarie islamiste."
Le sort d'Asia Bibi, condamnée à mort en 2010 pour blasphème, reste incertain après le dépôt d'un recours contre son acquittement. La libération de cette chrétienne aurait dû avoir lieu après que la Cour suprême du Pakistan a décidé la semaine dernière son acquittement.

lundi 5 novembre 2018

Les juges des enfants de Bobigny alertent sur la "forte dégradation" de la justice pour mineurs

 "Juges des mineurs délinquants, nous sommes, aussi, juges des mineurs en danger", disent-ils. 

https://www.nouvelobs.com/justice/20181105.OBS4874/les-juges-des-enfants-de-bobigny-alertent-sur-la-forte-degradation-de-la-justice-pour-mineurs.htmlL'OBS 5 novembre 2018
Dans une tribune publiée sur le site du "Monde" et de France-Inter, les juges des enfants du tribunal de grande instance de Bobigny alertent sur la "forte dégradation des dispositifs de protection de l'enfance en Seine-Saint-Denis." 
Signée notamment par le président du tribunal pour enfant, Thierry Baranger, la tribune se veut une "alerte", un "appel au secours". "Juges des mineurs délinquants, nous sommes, aussi, juges des mineurs en danger", disent-ils.
Ils pointent des délais de prise en charge "inacceptables" des mesures d'assistances éducatives lors de séparation avec la famille, exercées pour la plupart par le secteur associatif habilité. "Il s'écoule jusqu'à dix-huit mois entre l'audience au cours de laquelle la décision est prononcée par le juge pour enfants et l'affectation du suivi à un éducateur", assurent-ils. En cause : "Un manque flagrant de personnel, lié aux restrictions budgétaires, dans un contexte où la dégradation des conditions de travail éducatif et social en Seine-Saint-Denis rend plus difficiles les recrutements." 
Ils dénoncent également le sous-effectif des éducateurs du Conseil départemental qui ne parviennent plus à assurer correctement leurs missions, parmi lesquelles, essentielles, d'accompagner des enfants placés et de leurs familles, de prendre en charge des traumatismes, d'évaluer des situations signalées par les écoles et les assistantes sociales. 
"Le repérage et l'analyse des dangers auxquels sont confrontés les enfants du département deviennent de plus en plus difficiles. En Seine-Saint-Denis, des mineurs en détresse ne peuvent ainsi plus recevoir l'aide dont ils ont besoin, faute de moyens financiers alloués à la protection de l'enfance par le Conseil départemental, tributaire en partie des dotations de l’État."



mardi 30 octobre 2018

Brésil : Le Président Jair Bolsonaro contre le pédagogue Paulo Freire

Questions de classe(s) - Posté le 29 octobre 2018 par Irène Pereira

https://www.questionsdeclasses.org/?Bresil-Le-President-Jair-Bolsonaro-contre-le-pedagogue-Paulo-FreireLe candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro vient d’être élu au Brésil. Il a annoncé son objectif éducatif : extirper la philosophie de Paulo Freire des écoles .
Paulo Freire : un symbole insupportable aux régimes autoritaires
En 1964, un régime militaire, suite à un coup d’État, prend le pouvoir au Brésil. Il arrête les opposants. Dans les premières cibles figurent le pédagogue brésilien Paulo Freire. Il est arrêté trois mois et torturé. Il est ensuite expulsé de force et ne pourra revenir dans son pays qu’à l’issue d’un exil de 15 ans. Son œuvre est interdite au Brésil. Il est accusé d’endoctrinement marxiste. Jair Bolsonaro durant sa campagne présidentiel n’a pas hésité à magnifier cette époque où le régime au pouvoir s’en prenait aux opposants. Il a ainsi déclaré par exemple : "L’erreur de la dictature a été de torturer sans tuer." (Radio Jovem Pan, juin 2016).
L’école sans parti : un mouvement réactionnaire contre les études de genre et Paulo Freire
La critique contre l’œuvre de Paulo Freire ces dernières années a été portée au Brésil par un mouvement conservateur : l’Ecole sans parti. Son objectif : faire interdire aux enseignants des références aux études de genre et à l’œuvre de Paulo Freire, le pédagogue décédé en 1997.
Lors d’un déplacement au Brésil en novembre 2017, la philosophe Judith Butler, figure très connue des études de genre, a été prise à partie par une foule déchaînée et brûlée en effigie comme une sorcière.
Ceux qui défendent l’œuvre de Paulo Freire rappellent qu’il a été prix de la Paix de l’Unesco en 1986 et docteur honoris causa de 28 universités dans le monde. Son livre Pédagogie des opprimés est traduit dans plus de 20 langues. Il fait partie des 100 auteurs les plus cités dans les université américaines. Il est le troisième auteur le plus cité dans le monde dans le domaine des sciences humaines et sociales pour son ouvrage : Pédagogie des opprimés (selon une étude de 2016). Ce qui est fait de Paulo Freire, sans aucun doute, l’universitaire brésilien le plus reconnu dans le monde.

dimanche 28 octobre 2018

Réforme de la justice : les principes et garanties fondamentaux malmenés

Communiqué LDH - 23 octobre 2018
Alors même que la loi du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle n’a été l’objet d’aucune évaluation, le gouvernement a initié une réforme de la justice qui, sous prétexte de rationalisation, de simplification et d’accélération des procédures, remet en cause les principes et garanties fondamentales nécessaires à l’existence d’une bonne justice dans une société démocratique.
C’est une véritable dévalorisation de la justice civile qui est initiée. Sous couvert d’une généralisation des modes amiables de règlement des litiges, le projet de loi officialise le recours à des services privés et payants en ligne de conciliation, de médiation et d’arbitrage, proposés à l’aide d’un traitement algorithmique. A l’évitement du juge s’ajoute son éloignement vis-à-vis du justiciable. Le risque de rendre purement théorique le droit à un recours est ici favorisé par la suppression ou la réduction des compétences de juridictions de proximité ou le traitement d’affaires sans audiences.
C’est aussi une véritable atteinte aux droits et libertés des citoyens que propose ce projet de loi. La procédure pénale qui, aux termes de l’article préliminaire du Code de procédure pénale, doit être « équitable et contradictoire et préserver l’équilibre des droits des parties », est l’objet d’une attaque généralisée. Les pouvoirs des officiers et agents de police judiciaire seraient considérablement renforcés au stade des enquêtes préliminaires et de flagrance, voire au cours de l’instruction. La police, sous l’autorité d’un parquet non indépendant et partie poursuivante, deviendrait de fait un organe instructeur et le pivot de la procédure pénale. Des moyens intrusifs (interception, enregistrement et transcription des correspondances émises par voie de communications électroniques, géolocalisation, sonorisation, IMSI-catcher, captation d’images et de données informatiques), réservés aujourd’hui à la lutte contre le terrorisme et à la criminalité organisée, se verraient étendus à tout crime et même à tout délit puni d’au moins trois ans d’emprisonnement, soit à la quasi-totalité des délits. L’audience pénale, déjà malmenée par les comparutions immédiates, serait encore plus dénaturée avec l’institution d’une comparution immédiate « différée », la multiplication du recours aux ordonnances pénales, l’extension des pouvoirs du procureur de la République en matière de composition pénale, où il est juge et partie, une collégialité réduite avec l’extension des audiences à juge unique et une oralité des débats altérée avec l’instauration d’un tribunal criminel départemental sans jury populaire, contournant et marginalisant la cour d’assises.

dimanche 21 octobre 2018

Contre le soupçon, un Parquet indépendant et des procédures contradictoires garanties

Communiqué LDH
Les perquisitions intervenues, à l’initiative du Parquet, chez Jean-Luc Mélenchon et aux sièges du Parti de Gauche et de la France Insoumise, illustrent la difficulté pour la justice d’être crédible quand elle mène des investigations dans le monde politique.
Les responsables politiques et les partis ne sont pas au-dessus des lois et, dès lors, les critiques des intéressés, entendues à chaque fois que l’autorité judiciaire intervient dans des affaires les concernant, sont déplacées et ne respectent pas la séparation des pouvoirs. Mais ces réactions sont rendues possibles, d’une part par le refus répété depuis des décennies de reconnaître l’indépendance du Parquet et, d’autre part, par l’extension quasi indéfinie des pouvoirs de celui-ci sans réelles garanties procédurales.
La prochaine réforme de la procédure pénale va encore aggraver la situation alors que le projet de réforme de la Constitution, s’il se poursuit, ne va pas permettre de rompre le lien entre le pouvoir politique et le Parquet.
La LDH déplore une situation qui voit l’indépendance de l’autorité judiciaire méconnue et les libertés individuelles réduites. C’est, au final, le fonctionnement démocratique des institutions qui est atteint.
A Paris, le 17 octobre 2018

samedi 20 octobre 2018

Le migrant est l’avenir du monde

Par Bertrand BADIE - The conversation - 14 octobre 2018

Une migrante à Tarifa (Espagne), après avoir été secourue par des garde-côtes espagnols, le 24 juillet 2018. Jorge Guerrero/AFP
Le débat sur la migration est stupéfiant et pourtant il dure, s’enlise et même s’encastre dans l’ordinaire de notre culture politique contemporaine. Il paralyse l’Europe qui en parle tout le temps, mais n’en délibère jamais. Il envahit les propagandes partisanes et s’impose comme une sorte de friandise électorale dont se délectent les populistes de tous poils, de droite et maintenant d’une certaine gauche. Il tétanise les gouvernements qui craignent que le respect de la vérité ou qu’un sursaut d’humanisme ne leur vaillent une chute dans les sondages.
Depuis le début de ce siècle encore tout jeune, 50 000 êtres humains sont morts au fond de la Méditerranée et l’imagination de la gouvernance humaine se limite à renforcer les contrôles, consolider « Frontex » ou désarmer l’Aquarius. Qu’est donc devenu le Conseil européen, incapable d’imaginer ce que pourrait être une politique de migration à l’aube du troisième millénaire ? 
Un monde où tout le monde voit tout le monde 
C’est pourtant bien de cela dont il s’agit : d’avoir le courage et la lucidité de penser une mondialisation dont tout le monde parle, sans jamais savoir la regarder en face et en tirer les conséquences. Nous sommes entrés dans un monde d’interdépendance et de communication généralisée pour lequel la mobilité des personnes est devenue un principe irréversible avec lequel il faut apprendre à vivre.
Nous sommes dans un monde où tout le monde voit tout le monde, ne cesse de se comparer à l’autre et de déployer un imaginaire qui est, cette fois, à la dimension de la planète tout entière. Un monde dans lequel nul ne pourra plus jamais se voir interdire de penser que la souffrance des siens pourrait être moindre ailleurs, un monde où l’absence d’avenir chez soi suscite l’espoir de trouver un correctif ailleurs.
Un monde où l’humanité est, pour la première fois dans l’histoire, tributaire de la planète tout entière. Un monde où chacun des 7 milliards et demi d’humains est comptable autant que solidaire de tous les autres. Ainsi en est-il, personne n’en a décidé, sinon le mouvement d’une histoire dont nous restons, soit dit en passant, les privilégiés…

mercredi 17 octobre 2018

Transition écologique : la France est déjà en retard sur ses objectifs

Par L'Obs

Une étude de l'Institut du développement durable et des relations internationales précise que les émissions de gaz à effets de serre ont progressé en 2017, après plus de 10 ans de décrue.

https://www.nouvelobs.com/planete/20181016.OBS4043/transition-ecologique-la-france-est-deja-en-retard-sur-ses-objectifs.html#xtor=EPR-127-[ObsPolitique]-20181017 La France est en retard sur ses objectifs climatiques. C'est la conclusion d'une étude de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), relayée par "le Monde". Elle établit un premier bilan de l'état d'avancement de la transition bas-carbone en France. Et il est loin d'être brillant... Dans tous les secteurs clés – énergie, transports, bâtiments, agriculture –, le pays est en retard sur ses objectifs climatiques. "Pire, cet écart se creuse", souligne "le Monde".
Dépassement des "budgets carbone" 
Dans les quatre secteurs clés, la trajectoire de la France est régie d'une part par la PPE (planification plurianuelle d'énergie) et de l'autre par la SNBC (Stratégie nationale bas-carbone). Cette dernière attribue des "budgets carbones" à chacun des quatre secteurs, dans l'idée de ne pas dépasser un certain bilan carbone global. En 2017, la trajectoire a été dépassé de 7%.  
Cet écart, explique l'étude, "contraste avec le regain d'ambition autour de l'engagement français pour la neutralité carbone". En effet, les ambitions françaises ont été revues à la hausse depuis 2015. Alors que la loi sur la transition énergétique de 2015 ne prévoyait "qu"'une division par quatre des émissions, le plan climat de juillet 2017 engagé par Nicolas Hulot, vise une neutralité carbone d'ici à 2050.
Il existe donc, selon les auteurs de l’étude, "un écart grandissant" entre les objectifs de la France et la réalité de ses émissions de gaz à effet de serre. 
Ils expliquent en partie ces résultats par des "facteurs conjoncturels", notamment le faible prix des énergies fossiles. Des explications qui ne constituent toutefois pas une "justification" de ces évolutions, souligne l'étude.

lundi 15 octobre 2018

Projet de loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice : une réforme qui ne convainc pas

Lettre ouverte de plusieurs organisations, dont la LDH, aux sénateurs et sénatrices (05/10/2018)
https://www.ldh-france.org/projet-de-loi-de-programmation-2018-2022-et-de-reforme-pour-la-justice-une-reforme-qui-ne-convainc-pas/
Alors que le projet de loi de programmation et de réforme de la justice va être examiné au Sénat à compter du 9 octobre, nos 19 organisations s’inquiètent de ses effets concrets sur la situation des personnes placées sous main de justice.
La situation actuelle dans les prisons impose un changement de cap. Au 1er septembre 2018, 70 164 personnes étaient détenues en France. Près d’un tiers de la population carcérale est détenue dans des prisons occupées à plus de 150%. Dans les maisons d’arrêt, des milliers de personnes vivent parfois à 2, 3, voire 4 par cellule, dans des conditions régulièrement dénoncées comme profondément indignes. Environ 1500 personnes dorment actuellement sur des matelas posés à même le sol. Une part importante du parc carcéral est insalubre. L’inactivité subie est massive : les personnes détenues n’ont en effet souvent accès ni à des activités, ni au travail alors même qu’elles en ont le droit, et passent 22 heures sur 24 en cellule. Ces conditions de vie mettent gravement en échec l’objectif de prévention de la récidive assigné à l’exécution des peines et engendrent des conditions de travail dégradées pour l’ensemble des personnels pénitentiaires.
Face à ce constat, le projet de loi de réforme de la justice qui sera examiné au Sénat à partir du 9 octobre se veut ambitieux : lutte contre la surpopulation carcérale, réduction du nombre de courtes peines de prison, développement des peines exécutées en dehors des établissements pénitentiaires… Face à une opinion publique réticente à l’idée de sortir d’un système centré sur la prison, nous saluons l’intention gouvernementale de développer le milieu ouvert. Toutefois, le texte est en décalage avec les objectifs annoncés.
La construction de nouvelles places de prison, une politique insatisfaisante pour lutter contre le phénomène de surpopulation carcérale
Le projet de loi annonce la construction de 15 000 nouvelles places de prison, un programme d’une ampleur inédite qui impliquera un effort budgétaire considérable, tant en matière d’investissement que de fonctionnement (1,7 milliard annoncé pour la seule construction). Le financement de nouvelles places de prison se fera selon toute vraisemblance au détriment de l’entretien et de la rénovation des établissements vétustes déjà existants, mais également au détriment du développement des aménagements de peine et peines exécutées en milieu ouvert. Il s’agit pourtant de solutions plus humaines, beaucoup moins coûteuses et beaucoup plus efficaces que la prison pour prévenir la récidive et remédier à la surpopulation carcérale. Par ailleurs, la construction de places de prison s’est toujours accompagnée d’une hausse du nombre de personnes incarcérées.

De Marseille à Paris, on marche pour le climat

P

https://www.nouvelobs.com/planete/20181013.OBS3897/de-marseille-a-paris-on-marche-pour-le-climat.html#xtor=EPR-127-[ObsPolitique]-20181015
Avec une banderole "Il est encore temps" en tête de cortège, quelques milliers de personnes ont manifesté samedi à Paris au nom de la lutte contre le réchauffement climatique.
Près de 80 marches étaient prévues en France. lls étaient près de 15.000 à Paris, 3.200 à Lille, 2.500 à Bordeaux et 1.850 à Strasbourg (selon la police) sous un soleil radieux, alors que Météo-France recense des records de chaleur pour un mois d'octobre en France, avec 9 à 10 degrés au dessus des normales saisonnières.

Un mois après la mobilisation inédite du 8 septembre dernier, dans la foulée de la démission de Nicolas Hulot, de simples citoyens appelaient de nouveau à manifester, demandant aux associations et partis politiques de se placer en fin de cortège.
Place de l'Opéra à Paris, les banderoles "Changeons le système, pas le climat" et "Chaud devant" ont repris du service, pour défiler jusqu'à la place de la République, a constaté une journaliste de l'AFP. Des militants de "La France insoumise", venus en masse, étaient invités à reculer en queue de cortège.
"Plus on est nombreux, plus on peut peser sur les politiques publiques", explique à l'AFP Sylvaine Deport, 70 ans venue de région parisienne.
Capucine et Aurélien, 35 ans, sont venus avec leur fille de 3 ans sur les épaules et un bébé de 3 semaines, emmailloté en écharpe. Ils disent :
"On n'a pas l'habitude de manifester mais cette cause nous tient à cœur."
Le rassemblement était visuellement moins imposant que celui du 8 septembre qui, à Paris, avait réuni 50.000 personnes selon les organisateurs, 18.500 selon la préfecture de police.

samedi 13 octobre 2018

Manifeste des 343 femmes européennes : "Mon corps, mes droits !"

Par Mael Thierry

https://www.nouvelobs.com/politique/20181011.OBS3771/manifeste-des-343-femmes-europeennes-mon-corps-mes-droits.html#xtor=EPR-127-[ObsPolitique]-20181012
"Nous, 343 femmes européennes, défendons une Europe des droits des femmes et de l'autodétermination. Nous rendons hommage aux 343 femmes qui ont publié en 1971 un manifeste en France dans "le Nouvel Observateur" appelant aux droits sexuels et reproductifs des femmes en exigeant des avortements légaux. Nous faisons de même aujourd'hui, car l'Europe subit une réaction brutale contre les droits des femmes: les réalisations en matière de droits sexuels et reproductifs depuis les années 1970 sont à nouveau menacées. Nous appelons donc tous les gouvernements européens et la Commission européenne à établir et à garantir des conditions qui protègent et défendent les droits des femmes dont leur droit à l'autodétermination.
Malgré les récentes victoires, telles que la légalisation de l'avortement en Irlande, le droit des femmes à choisir est menacé dans toute l'Europe. La Pologne multiplie les tentatives pour restreindre encore les quelques modalités dans lesquelles il est possible d'avorter. A Malte, l'avortement est encore totalement interdit. En Italie, de nombreux professionnels refusent simplement de les exécuter. Ce ne sont là que quelques exemples de réactions violentes aux droits des femmes et nous restons attentif.ve.s à cette attaque contre l'autodétermination des femmes et à la tentative de rétablir les valeurs autoritaires dans l'Union européenne.
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jeudi 11 octobre 2018

Ensemble, pour la défense du droit à l’avortement

Communiqué LDH

En 1975 et grâce aux luttes des femmes, le législateur a reconnu et organisé l’interruption volontaire de grossesse. Attentive à voir la loi adoptée et soucieuse de la nécessaire collaboration des médecins, Simone Veil a inscrit la clause de conscience dans le texte. En même temps, le législateur a pris soin de préciser que si un professionnel de santé n’est pas obligé de pratiquer cet acte qu’il ne peut ou ne veut effectuer, il a en revanche obligation d’adresser la patiente à un confrère ou une consœur. Cette clause, parce qu’elle est « de conscience », ne saurait être remise en cause, mais elle n’autorise ni le docteur de Rochambeau ni aucun autre médecin à s’opposer, au gré de ses valeurs personnelles, au choix d’une femme. Au vu des innombrables pratiques entravant l’accès à l’IVG, il faut le rappeler avec force.
Avec l’éternelle instrumentalisation par les anti-IVG du thème de l’homicide emprunté aux dogmes des religions et des conservatismes réactionnaires les plus archaïques, ce sont les femmes, toutes les femmes qui sont une fois encore infantilisées, délégitimées, stigmatisées et violentées.
Les droits des femmes ont été déclarés « Grande cause nationale » de ce gouvernement, dans le cadre de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Nous demandons, par conséquent, à l’Etat et aux ministres concernés, de rappeler que la loi ne peut être soumise à la morale, aux convictions éthiques ou aux croyances religieuses du corps médical.
Nous rappelons que les pouvoirs publics ont le devoir de donner au service public de santé les moyens nécessaires à l’effectivité du droit à l’avortement des femmes pour mettre fin au parcours de combattante qu’elles doivent emprunter, faute de moyens suffisants à leur prise en charge dans nos hôpitaux. Elles sont confrontées au désert médical et à la précarité des centres IVG et des maternités qui les abritent, ainsi qu’aux baisses de subventions des associations de terrain, réduisant toujours plus l’effectivité du droit.
Restons mobilisés : le droit à l’avortement et donc le droit des femmes de disposer de leur corps demeure, en France, comme en Espagne ou en Pologne, un droit fondamental. Nous appelons à le défendre !
Nous serons, tous et toutes, aux côtés des femmes, pour la défense de leurs droits, de leur liberté et de leur santé, lors des mobilisations du 28 septembre 2018, Journée internationale pour le droit à l’avortement pour toutes les femmes, partout en Europe et dans le monde.

Paris, le 24 septembre 2018

« Préférence nationale » pour le RSA en Guyane. Plutôt que de le combattre, le gouvernement applique le programme de l’extrême droite

Communiqué du collectif Migrants outre-mer, dont la LDH est membre
À l’article 27 du projet de loi de finances pour 2019 consacré à la recentralisation du revenu de solidarité active (RSA) en Guyane et à Mayotte [1] le gouvernement a glissé une mesure d’exclusion des personnes étrangères (non ressortissantes de l’Union européenne).
Le droit au RSA est depuis 2004 soumis à une condition d’antériorité ininterrompue de titres de séjour de cinq années en métropole et dans les DOM, mais, déjà, de quinze années à Mayotte depuis 2012. La réforme ferait passer en Guyane de cinq à quinze années cette condition. Elle irait jusqu’à l’étendre aux bénéficiaires potentiels du RSA majoré (pour cette prestation, qui concerne des parents isolés, seule une condition de régularité, non d’antériorité de titres de du séjour, est prévue en métropole et dans les autres DOM, Mayotte compris) [2].
Cette réforme revient de fait à exclure du RSA les personnes étrangères, même celles résidant avec un titre de séjour depuis très longtemps. En raison des pratiques des préfectures, en effet, il est impossible de pouvoir justifier d’une continuité complète durant une durée aussi exorbitante, car lors du renouvellement des titres de séjour, interviennent des ruptures, de quelques semaines à quelques mois, faisant « repartir les compteurs zéro » pour l’acquisition de la durée exigée. 

mardi 9 octobre 2018

Pourquoi nous ne traversons pas la rue

 23 septembre 2018 par Alain Chevarin [Questions de classe(s)]

2 600 postes d’enseignant-e-s du second degré et 400 postes de personnels administratifs supprimés, c’est un nouveau coup dur contre l’école publique. Mais on aurait tort de ne voir que cet aspect des choses. Car les mesures annoncées par Blanquer vont bien au-delà d’un simple serrage de ceinture. Elles représentent aussi la poursuite d’une totale remise en question de la conception du travail fondée sur la loi sociale et la solidarité, au profit d’un néolibéralisme complètement décomplexé.
En effet il y a désormais une « compensation » explicite à ces suppressions de postes : les heures supplémentaires. Le ministre entend même imposer une deuxième heure supplémentaire aux enseignant-e-s du second degré en fonction des besoins locaux ; d’autre part, il défend une baisse des cotisations sur les heures supplémentaires : ces heures ne seront donc pas prises en compte dans leur totalité pour la retraite ou l’assurance-chômage, et s’éloignent donc des mécanismes de solidarité liés au salariat.
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dimanche 26 août 2018

Haidar Eid: La loi État-nation d’Israël : la résurrection de l’apartheid

Agence Media Palestine - 20/08/2018
http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2018/08/05/la-loi-etat-nation-disrael-la-resurrection-de-lapartheid/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=haidar_eid_la_loi_etat_nation_d_israel_la_resurrection_de_l_apartheid&utm_term=2018-08-24"Et maintenant, après l’approbation de la « nouvelle » loi État-nation, il semble que nous nous dirigeons vers l’inévitable : une confrontation avec la suprématie juive dans sa(ses) forme(s) la plus hideuse. À Oslo, en 1993, la direction palestinienne a eu l’illusion qu’elle serait en mesure d’établir un bantoustan que le monde reconnaîtrait comme l’État de Palestine.
À l’époque, la proposition revenait à accepter le programme de la « gauche » sioniste, approuvé par les États-Unis. Aujourd’hui, on nous demande d’accepter le programme d’un gouvernement de l’extrême droite sioniste, approuvé par le gouvernement de droite des États-Unis et qui a reçu une nouvelle dénomination, « l’accord du siècle ».
C’est dans ce contexte que la nouvelle vieille loi État-nation juif peut être comprise : c’est la renaissance de l’apartheid."
Lire l'analyse de d'Haidar Eid, professeur associé au Département de la littérature anglaise à l’Université Al-Aqsa dans la bande de Gaza, sur le site de l'Agence.

mercredi 27 juin 2018

Nouveau guide de la laïcité à l’école : surveiller, détecter, sanctionner

Questions de classe(s) le 13 juin 2018 par B. Girard

https://www.questionsdeclasses.org/?Nouveau-guide-de-la-laicite-a-l-ecole-surveiller-detecter-sanctionnerIncontestablement, le « vademecum » sur la laïcité à l’école, dernier gadget imaginé par Blanquer et ses services, tient plus du règlement de police que d’une publication à usage des établissements scolaires. Confirmant ainsi la singulière dérive de cette notion fourre-tout.
Le document, censé venir en aide aux enseignants quotidiennement confrontés à des hordes islamiques, se décline sous la forme d’un certain nombre de fiches – 15 concernant les élèves, 3 les personnels, pour les parents d’élèves et les intervenants extérieurs, une fiche chacun – structurées selon des prescriptions uniformes et impératives : « identifier et communiquer, prévenir, réagir et traiter les problèmes ». A l’éducation nationale, pour défendre la laïcité, on file la métaphore guerrière. Mais l’école n’est-elle pas en guerre ?
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dimanche 24 juin 2018

A la frontière franco-italienne : « Il est illusoire de penser qu’on peut les empêcher de passer »

LE MONDE | Par

https://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2018/06/23/a-la-frontiere-franco-italienne-il-est-illusoire-de-penser-qu-on-peut-les-empecher-de-passer_5320073_1654200.html
« Certains voulaient partir de Clavière à 20 heures, d’autres à 3 heures du matin, mais j’ai dit non, il faut partir à 23 heures, pour arriver tôt le matin. Quand il fait jour, c’est mort, ils arrêtent tout le monde. » Abbas, 35 ans, n’a pas tort, mais Billy et ses sept compagnons, trop pressés, ne l’ont pas écouté. Ils sont partis vers 20 heures de ce village-frontière, dernière étape en Italie pour les migrants qui s’apprêtent à rejoindre Briançon et la France, de l’autre côté du col de Montgenèvre.
Clavière-Briançon : dix kilomètres à vol d’oiseau, vingt minutes en voiture, pour un Italien ou un Français. Pour un migrant, au mieux sept heures de marche sur des chemins de randonnée plus ou moins discrets, au pire trois jours d’errance, le temps de se perdre dans le dédale des petits sentiers ou de croiser une patrouille qui vous reconduit illico en Italie.
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vendredi 22 juin 2018

TRIBUNE : Pour l’Europe de la solidarité effective

http://www.croix-rouge.fr/Actualite/TRIBUNE-Pour-l-Europe-de-la-solidarite-effective-2244
A l’initiative de la Croix-Rouge française, les sociétés nationales européennes du mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge signent un texte commun pour appeler à la refondation d’une politique européenne migratoire « durable et responsable ». En première ligne, elles forment le plus grand réseau de solidarité en Europe, avec plus de 250 000 salariés et 1 000 000 de bénévoles.
Jour après jour, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) égrène le nombre des personnes mortes en tentant de rejoindre nos côtes européennes. À de brèves occasions, quelques images réveillent nos consciences, mais le plus souvent, ces vies s’éteignent dans le sommeil de l’indifférence.
Dans tous les pays du monde, le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge agit auprès des personnes en situation de rupture ou de fragilité. Qu’il s’agisse d’une victime de catastrophe naturelle, d’un blessé de guerre, d’un enfant en situation de handicap, d’une personne âgée dépendante ou d’une famille qui n’a plus les moyens de se vêtir ou de se nourrir, nous sommes là pour accueillir, protéger, soigner et relever.           
                                                  Pour lire toute la tribune cliquer sur la photo

dimanche 17 juin 2018

Lycéens vs. Parcoursup : algorithme ou garde à vue ?

Un reportage d'Antoine Chao. (France Inter 9 juin 2018)


Mobilisation des lycéens
Cette semaine dans l'émission "Comme Un Bruit Qui Court", et à 10 jours des épreuves du bac, retour sur la mobilisation lycéenne. Les résultats tombent, les gardes à vue aussi. Les lycéens sont inquiets pour leur avenir et l’ont fait savoir!
Le 22 mai, à la fin de la journée de manifestation de la fonction publique et journée de déconvenue quand les premières réponses du nouveau logiciel de sélection post bac Parcoursup sont tombées, une centaines de jeunes lycéens et étudiants sont entrés dans le lycée Arago à Paris, pour y tenir une assemblée générale.
L'objectif : réfléchir et réagir à cette nouvelle forme de sélection algorithmique à l’entrée de l’université qui vire à la ségrégation sociale et géographique. 
Pas de quartier, pas d’AG, les forces de l’ordre interviennent et une centaine de jeunes, dont beaucoup de mineurs, se retrouvent en garde à vue pour plus de 48 h, une façon un peu trop musclée d’écouter la jeunesse. Depuis, les lycéens, leurs parents et leurs enseignants se mobilisent tous les mercredis devant le lycée Arago

                    Pour réécouter l'émission de Giv Anquetil, Antoine Chao et Charlotte Perry cliquer sur la photo

lundi 25 décembre 2017

RECENSEMENT DES ÉTRANGERS DANS LES CENTRES D’HÉBERGEMENT : LES ASSOCIATIONS SAISISSENT LE DÉFENSEUR DES DROITS

Parce qu’elles n’accepteront pas que les centres d’hébergement deviennent des annexes des préfectures, 25 associations qui accueillent, hébergent, orientent des personnes sans abri, ont saisi ce jour le Défenseur des droits au sujet du nouveau dispositif étatique destiné à l’examen de la situation administrative des étrangers sans abri hébergés ou qui sollicitent un hébergement.
Annoncé aux associations lors d’une réunion organisée par les ministres de l’Intérieur et de la Cohésion des territoires le 8 décembre, ce projet, qui remet en cause l’accueil inconditionnel des personnes dans les centres d’hébergement d’urgence, principe fondamental de l’action sociale, avait provoqué le départ anticipé de représentants associatifs.

Deux circulaires (l’une publiée le 8 décembre et l’autre datée du 12 décembre, mais pas encore publiée) prévoient en effet l’envoi d’équipes mobiles constituées d’agents de l’OFII et du service étranger des préfectures dans les centres d’hébergement en vue d’identifier les personnes de nationalité étrangère.
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